L’avenir d’un territoire, dans un monde sans cesse changeant, faisant peu cas des impréparations, retirant les barrières à la circulation des capitaux et des biens, ne peut se faire sans une attention considérable accordée à sa capacité à mobiliser les compétences de ses populations, et à tirer pleinement profit de leurs potentiels.
Une évidence se dira-t-on, qui se décline en de courantes affirmations, dont le contenu semble pourtant pointer du doigt une problématique persistante, particulièrement dans les régions africaines subsahariennes.
Elle est celle de la prise en main du sort, de ce qui pourrait être à la fois source de l’implosion lente des communautés régionales, ou force capable de les orienter vers de meilleures perspectives, autrement dit la population jeune.
Cet objectif, porte en lui-même les germes d’incompréhensions, tant les environnements ont progressivement évolué en amenuisant des marges de manœuvre, façonnant de manière préjudiciable la perception d’implications d’un tel enjeux.


Nihil sub sole novum ?

Nous sommes en mai 1972, et s’achève une rencontre d’une importance capitale pour les responsables et experts de systèmes éducatifs africains. Le désir de changement se ressent, et est terriblement pressant.
Le constat est unanime, douloureux, et se traduit dans la presse de l’époque, par l’évocation d’une « faillite quasi-générale »1 admise.
Plus d’un demi-siècle plus tard, l’on se retrouve en face d’une situation interpellante, en de nombreux points similaire, et de laquelle ressurgissent des doutes.
Il n’est désormais plus rare, de rencontrer dans cette vaste région, des élèves du secondaire ne sachant ni lire et écrire les langues parlées, avec la qualité minimale requise après leurs années passées dans des cursus éducatifs, les rendant ainsi inaptes à concourir directement avec leurs homologues d’ailleurs.

Le plus grand réservoir de jeunes, rudement bousculé sur le terrain de la réduction efficiente de l’extrême précarité, échoue à former de façon large et selon ses normes, sa masse d’apprenants2.
Malgré les efforts déployés, un grand nombre d’économies locales s’avèrent être insuffisamment dotées pour capter habilement la main-d’œuvre potentielle dont elles sont submergées. L’impact significatif sur l’état du stock de populations vulnérables qui en découle, crée une quasi-stagnation de celui-ci, dont des effets ont pu être observés entre 1990 et 2018.
Dans un cadre global, duquel émergent des inquiétudes multiples sur les capacités des jeunes instruits à répondre de façon idoine à la complexité des enjeux de leurs temps3, de toute évidence au Sud du Sahara, la situation se présente de façon bien plus inquiétante, en dépit d’actions menées durant toutes ces décennies écoulées.

Si les imaginaires populaires, laissent apparaitre comme objectif prééminent, la transmission d’un capital de compétences entrant en adéquation avec les principales attentes sectorielles sur les marchés de l’emploi4, cette quête de ce qui s’assimile au graal, pose dans la pratique de la réflexion, une problématique fondamentale.
Elle apparaît comme étant la volonté de structuration de dispositifs éducatifs, en fonction de besoins certes réels mais se situant dans une configuration bien spécifique, celle de la main-d’œuvre à constituer afin de satisfaire aux exigences de performances productives de domaines d’activités, sans s’interroger sur leur nature porteuse5.

Les caractéristiques de la potentielle force de travail, alors circonscrites à des besoins ostensiblement immédiats de compétences, circonstanciés, et non-maîtrisables par l’imprévisibilité de leur évolution, entrent en conflictualité avec la fonction primordiale d’un système, dont la mission est de modeler des individus, pour en faire le socle des métamorphoses profondes et efficaces de société humaines entières.

Une diversité des acquis de départ

La situation des dispositifs de formation subsahariens, au début des années 1960, consistait en une hétérogénéité de réalités.
Au Sénégal, territoire ayant servi de plateforme tournante à une économie coloniale dès le XVIIe siècle, par le biais de la compagnie française des indes orientales, l’initiative des frères Ploermel en faveur d’un enseignement professionnel, a marqué les débuts d’un processus qui verra entre autres éclore l’école des otages6.
Le dessein affirmé de modelage des modernités, en ce qui concerne les ensembles territoriaux conquis, passera en conséquence par des institutions rigoureusement conçues pour y parvenir, à l’instar de celle du nom du natif de Rochefort, érigée en 18557.
La colonie d’alors, va bénéficier non pas par générosité, mais par nécessité stratégique8, d’infrastructures qui la mettront à la pointe de sa région administrative, avec un taux de scolarisation de plus de 25% atteint au début de cette décennie 9.

Ailleurs, au Congo belge, les intérêts davantage tournés vers une éducation à connotation religieuse, portée par des missions et congrégations comme celles des scheutistes10, des jésuites dans le Kasaï, ou encore du Kwango11, couplés au refus d’une instruction académique plus étendue, vont aboutir dans un contexte de tensions budgétaires durant la décennie 1950, et de conséquences de la table ronde économique d’avril 1960, à un État indépendant en face duquel se tiendra une population, comportant moins de 5% de personnes scolarisées dans le secondaire, et moins de 0,5% dans le supérieur12.
Les écarts importants observés, fruits de visions éducatives imposées, réduisant de façon drastique l’accès à une instruction qualitative, rappellent la nature des politiques plus larges qui y furent pratiquées, et qui définiront les principaux secteurs économiques, pour les premières années d’indépendance.
Des mesures tôt initiées, notamment pour pallier les difficultés considérables de l’enseignement en zones rurales plus peuplées, prendront le contrepied de ces choix handicapants, en contradiction avec l’essence même de l’action instructive, comme le précise également John Rawls et Amartya Sen13.

De nombreux pouvoirs publics, vont alors intensifier l’ouverture à l’instruction, dans un élan teinté du traumatisme causé par à la relative privation antérieure. Cela conduisit quelques années plus tard, à un nombre considérable de profils hautement formés, et non-insérables au travers de métiers appropriés, dans les tissus fonctionnels.
Les cadres économiques prévalant, continuité de mentalités ayant forgé les décennies antérieures, entérinant des mesures voulues d’abord par les métropoles, furent eux aussi résolument peu sophistiqués.
Que l’on soit face au développement de la production agricole sénégalaise dominée par les céréales, occupant plus de 75% de la main-d’œuvre14, avec environ 35% de la Valeur Ajoutée, ou en Côte d’Ivoire et au Bénin, l’on rencontre une même importance de secteurs nécessitant relativement peu en matière de compétences générées par des niveaux éducatifs d’un certain type, avec des rentes malgré tout conséquentes, assurées par des branches peu demandeuses en capital productif, d’une nature autre que ceux disponibles déjà en quantité importante.

Même si les premiers barils d’hydrocarbures, firent d’ordinaire leur apparition au cours des années 1950, la structure économique courante qu’ils participèrent à générer, fit persister la faible nécessité d’un développement de doctrines éducatives plus avantageuses, que celles d’une part diligentées dans le but de combler des déficits de profils issus du supérieur, et d’autre part pour fournir les administrations publiques, organes en création, et cadres industriels marginaux.
Pour illustrer notre propos, en 1965, la Côte d’Ivoire par exemple comptait environ 4,3 millions d’habitants, pour un effectif cumulé de moins de 23 000 apprenants dans l’enseignement public et privé15. Ce qui n’empêcha pas le pays, de multiplier son Produit Intérieur Brut par 10 au bout de 15 ans, soit en 1980.

Structurellement, ces anciennes colonies, vont souvent évoluer avec un penchant pour une instruction décorrélée de besoins primordiaux, limités alors en demande de main-d’œuvre qualifiée, avec une prépondérance du secteur informel occupant des contextes ruraux sous-scolarisés, jusqu’à ce que survienne ce que l’on a appelé la « déscolarisation »16, impulsée par le consensus de Washington à partir de 1980.
Ce dernier, dans ses composantes et la philosophie qui le sous-tend, n’est pas sans rappeler cette posture déjà rencontrée longtemps auparavant, qui se fonde dans l’exclusion de l’individu des cadres de réflexion déterminant de façon significative sa trajectoire, en vue d’y laisser s’exprimer les desiderata de considérations exogènes.


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Cette perturbation du dynamisme de l’incorporation des populations aux structures d’apprentissage, conduira à une réduction considérable de l’investissement public, dans le but de corriger des problèmes dits d’endettement et de stabilisation économique, selon un argumentaire de l’époque.
La bascule que l’on observera donc des années plus tard, par une orientation plus affirmée vers une économie de services, parfois contrainte par une détérioration des termes de l’échange17 dans ces pays dépendants du secteur agricole et extractif, rajoutera implicitement des contraintes nuisibles.

Le caractère brusque de la réorientation vers le tertiaire, en l’absence de cadres adéquats, c’est-à-dire un réservoir suffisant de personnes formées de façon adaptée, faisant montre d’un niveau approprié des fondamentaux sociétaux – consolidant les conditions de vie18 – a nui aux soins accordés à la force de travail de ces pays, réduisant les investissements, et abaissant les niveaux éducatifs sur la période allant de 1980 à 1990.

Il n’en fallait pas autant, pour inhiber des marches qualitatives entreprises précédemment, maintes fois mises à mal, et amenuiser les chances de naissance de véritables démarches avant-gardistes, quant à la définition d’instructions académiques intrinsèquement porteuses.
Face aux capacités d’embauche de secteurs dynamisés principalement par des capitaux non-locaux, et aux besoins immédiats de ceux-ci – ne nécessitant pas de façon sine qua non des réformes de fond des systèmes de formation – une adaptation des contenus éducatifs, e. g. par le biais de création de nouvelles filières et de rajouts de programmes, pas toujours aboutis dans leur conformité aux exigences palpables, a fréquemment trouvé bonne place.


Un futur difficilement préparé par le présent

Nous en venons alors à la centralité du problème, en étant tiraillés entre la nécessité d’un accès aux moyens de subsistance – que l’on soit dans des cas de diplômés en situation de chômage selon la définition du Bureau international du travail, ou de jeunes intégrés à des cursus scolaires – et la vision d’une avancée qui serait fonction de courants mondialistes unifiant des marchés, et faisant miroiter des évolutions calquées sur des modernités, aux ingrédients et recettes incompris ou non maitrisés.
La conceptualisation très particulière du chômage au sens du BIT, induit des erreurs d’interprétation, qui peuvent laisser suggérer des régions africaines plus au Sud, détenant des records de taux bas de chômage, avec paradoxalement des niveaux inquiétants de précarité des personnes actives, y compris jeunes.

Les configurations sociales dans les territoires, génèrent une pression à un niveau conduisant à une intégration précoce dans des emplois (cas des vendeuses de beignets, d’eau, soudeurs de toitures, filles de maison, maçons, etc.).
Malgré cet état des choses, l’on relève dans diverses littératures, des analyses qui font conjecturer vers des bénéfices pouvant être issus d’une modélisation des obligations éducatives – au travers des contenus et des mécanismes – tirée par le monde des entreprises et structures assimilables, en l’occurrence ici de façon prédominante, du secteur privé et d’économie mixte.

L’aspiration, ne saurait être que de simplement faire coller les ambitions de reformes éducatives à celles des entreprises, mais de donner leur pleine importance à ces systèmes vitaux « jugés inadaptés aux besoins du marché de l’emploi »19.

Une tournure différente des choses, laisserait entrevoir un schéma similaire à celui ayant entrainé bon nombre de pays de cette région, il y a environ 40 ans, dans de sombres années. Cela non sans reconnaitre la complexité des situations qui étaient les leur, mais qui auraient pu être jugulées, tant les effets des contraintes déjà observables dès 1950, étaient prévisibles.
Cette période, les avait plongés dans une crise inédite et d’envergure considérable.
Une économie de services, comme celle prévalant déjà avant 1960, produit une Valeur Ajoutée relativement différente par ses éléments constitutifs. Que nous soyons par exemple face aux premières sociétés d’assurance ou d’intermédiation, leur création se fit dans un contexte de mobilité de capitaux partant des anciennes puissances coloniales, mais pour s’incorporer à une mécanique déjà existante, par sophistication de celle-ci.

Elle reposa dans une moindre mesure, sur l’épargne des quelques ménages bancarisés de l’époque ou d’investisseurs issus de la métropole, finançant des projets capables d’être rémunérateurs.
Il y eut ainsi, des moyens conséquents investis, dans le but d’ériger des établissements servant de pont au commerce de biens par voie maritime20.

En l’absence de nécessités particulières, pouvant être produites par des activités économiques de base, génératrices de revenus, alimentant l’économie tertiaire par le dynamisme de la consommation et de l’épargne, l’on peut relever une atrophie de l’impératif de progrès technologique lié, en dehors d’exigences d’harmonisations globales (règlementations, standardisations, etc.).
Dans la composition des emplois principaux, occupés par les jeunes dans cette économie subsaharienne, force est de constater une domination par des demandes classiques, e.g. maçonnerie, transports, communication (agents commerciaux…), etc. En somme, des métiers flirtant souvent avec l’intermittence, l’informel, et leurs lots de désavantages, avec évidement du réservoir de travailleuses et travailleurs agricoles.

Une économie dominée par les services, ne peut en tout état de cause, être structurellement bénéfique sur le long terme, à des sociétés dont les fondamentaux sont dans un état embryonnaire ou délicat, qu’ils soient de l’ordre du calibre de l’instruction proposée, de son accessibilité au plus grand nombre, des conditions matérielles et immatérielles de progrès sociétal – comme la vitalité du culturel, infusant les creusets intellectuels – ou encore de la disponibilité de couvertures sanitaires appropriées.
De plus, dans le temps, son lien étroit sous plusieurs aspects avec une forte implication d’un capital productif mécanique ou technologique, fait comparativement peu dépendre les essors de firmes évoluant dans ses ramifications, du nombre d’agents mobilisés.
Un établissement financier, peut tout comme une société de télécommunication, accroître considérablement ses marges bénéficiaires, sans que ces gains ne reposent ou ne débouchent ultérieurement, sur un phénomène d’embauche effective notable. Leurs spécificités peuvent le permettre, et cela est légitime.

Par ailleurs, pour les territoires du Golfe de Guinée, la croissance économique impressionnante, en moyenne de 4% par an21 sur la période précédant la crise de la COVID-19, n’a malheureusement pas conduit à des créations d’emplois à hauteur espérée.
Les inégalités entre ménages se creusent, l’accès aux possessions patrimoniales reste excessivement fragile et ténu, notamment pour les femmes, qui demeurent des contributrices méjugées mais notables, au génie sous-utilisé.
À l’échelle régionale, les 10% des catégories sociales les plus nanties, concentrent à elles seules, plus de 50% des revenus nationaux, avec une lourdeur de l’inclusion. Concevoir des approches novatrices et audacieuses, est de toute évidence impérieux. Un constat partagé par l’économiste bissau-guinéen, Carlos Lopes, lorsqu’il se prononce22 en clamant que « c’est donc la nature même du développement qu’il s’agit aujourd’hui de repenser. ».

L’élargissement du poids du tertiaire, il faudrait le rappeler, est possible consécutivement à des modifications de préférences et de pratiques.
Cependant, dans plusieurs cas, sa capacité à modeler de façon utile des sociétés, pour des visées d’ascensions véritables, est limitée de façon non négligeable, à la taille, aux débouchés, et caractéristiques des activités auxquelles il se greffe, qui trop souvent sont oubliées. Nous les désignerons par le vocable « noyau ».
La capacité à déployer une fiscalité avantageuse, reposant sur le caractère attrayant d’une économie dominée par le tertiaire, et qui lui offre la latitude de s’étendre sans équilibrage dans une optique de viabilité, floute le regard sur les acquis. Qu’elle soit dynamisée par la demande de soins liés à une population vieillissante, un changement de modes de production externalisant des fonctions clés, ou un intérêt pour des innovations dématérialisant des procédés, les synergies entre secteurs, maintiennent cette économie dans une certaine dépendance aux branches primaires.
Celles-ci, peuvent se retrouver quand même marginalisées, par des choix non réalisés dans les temps impartis, conduisant à un mouvement de désagrégation économique à long terme, par substituabilité pensée en termes d’attractivité des profits de court terme.

Manquer le rendez-vous historique, qu’est celui du financement dynamique et majoritairement local de la recherche, c’est s’abandonner à des conséquences insoupçonnées.

Il faudrait discerner au travers des gains d’emplois et de recettes fiscales, l’origine des métiers générateurs de ceux-ci, et la capacité que les compétences qui leurs sont nécessaires, ont à être favorables à l’avènement de prises de positions avant-gardistes, sur des thématiques liées à la R&D productive, inclusive et bénéfique.
L’un des écueils des legs de l’économie de rente, est la prédisposition à opter pour des circuits générateurs de mannes substantielles, exigeant comparativement peu au dynamisme de la recherche scientifique et de l’ingénierie, qui ont été de tout temps, source de progrès plus structurants et pérennes.

En l’absence d’élans forts et continuels pour une structuration des fondations, par des volontés éducatives franches et discernables, les conséquences se font ressentir à moyen et long terme sur l’état des dispositifs éducatifs eux-mêmes. Cet aphorisme, se rapproche d’ailleurs d’une thèse défendue par Georges Courade, dans un ouvrage utile23.
Si dans les années 1980, la question de la place du continent africain sur la scène scientifique se posait, le capital humain toujours faiblement exploité, ne peut toujours participer à donner une réponse plus acceptable. L’encombrement paradoxal de facultés, qui n’ont cessé de former selon des standards certes disparates, a toutefois rendu possible l’éclosion de prodiges affirmés, preuve de richesses délaissées.

L’échec de politiques antérieures de valorisation de la recherche, a contribué à inséminer dans de nombreux esprits happés par l’idéologie de l’immédiatement rentable, – à laquelle conditionnent des milieux mis sous pression prolongée d’accès aux commodités basiques – l’idée pernicieuse de parcours universitaires, non judicieux, second choix effectués par défaut.
Les investissements étatiques, qui dans l’ensemble n’ont pas suivi sur la durée l’engouement postcolonial pour des voies de formation élitiste, n’ont pas pu éviter l’affaiblissement des marges existantes.
L’accumulation non exploitée, de produits de l’enseignement supérieur, a desservi la perception de l’utilité de voies académiques enrichissantes.

Tout de même, depuis le début du siècle présent, nous observons un bond du nombre de productions scientifiques africaines subsahariennes. Hélas, les publications restent insuffisantes rapportées aux besoins, mais notables pour ce qui est de leur évolution et d’un intérêt qui semble demeurer.
Soutenue fermement par des bailleurs internationaux, et des opportunités de copublications portées par des institutions non-continentales, cette ardeur laisse encore une fois transparaitre d’importants écarts entre pays africains, marqués également à l’international avec 6 fois moins de chercheurs par million d’habitant, qu’en Amérique latine, et 8 fois moins qu’en Asie du Sud-Est.

L’investissement public à réaliser pour la fourniture de moyens, visant à bénéficier d’un capital humain et de savoirs constitués idoines, n’est pas encore optimal, nonobstant des menaces claires pour les patrimoines nationaux, les cultures agricoles et la santé, en témoignent les cris d’alerte sur les phytopathologies bouleversant les approvisionnements en denrées24, et les ravages de maladies endémiques, à impact humain et financier fort25.

Manquer le rendez-vous historique, qu’est celui du financement dynamique et majoritairement local de la recherche, c’est s’abandonner à des conséquences insoupçonnées. Constituer des pôles d’excellence, structurer des partenariats solides et efficaces, nécessite au-delà d’énergies politiques, des réformes touchant le moins visible et moins questionné.

L’indistinction qualitative, entre les sources sectorielles génératrices de valeurs comptabilisables à l’actif des communautés régionales, accentue des risques.
L’externalisation de fonctions, générant des créations de postes – dans un marché local ou transnational – n’est pas à proprement parler une création de richesse durable, elle est davantage une matérialisation d’un arbitrage de coûts. L’on fait faire par d’autres, ce que l’on trouve trop couteux de faire soi-même. L’accompagnement d’activités économiques, par le biais d’expertises diverses, n’est rémunérable généralement que selon les gains réalisés par celles du noyau. Des services d’assurance, bancaires, se greffent à un existant, émanation de productions d’individus, qui structurent les fournisseurs par leurs rémunérations qui y transitent, les épargnes constituées, et services qu’ils consomment.
L’on revient à une centralité de branches, qu’elles bonifient d’une certaine façon, mais sans lesquelles les pourvoyeurs peineraient parfois à exister.

S’interroger et se projeter, seulement en termes de créations d’emplois à court ou moyen terme, c’est se rendre vulnérable par des insuffisances qui seront visibles à long terme.
Penser en étant coupés des implications de l’entrainement contraignant dans la mondialisation, par alignement sur des inclinaisons sociétales compréhensibles et absorbantes, en définissant une échelle de nivellement des productions intellectuelles et des mutations culturelles, – en inadéquation avec des logiques profondément constructives – en se satisfaisant d’avancées en deçà de seuils consolidants, ne peut être salutaire pour des centaines de millions de jeunes, sur lesquels reposent autant d’enjeux.
Si par le passé, l’orientation des systèmes éducatifs, fut entre autres grandement dynamisée, par l’ouverture de cursus antérieurement peu accessibles aux masses, et par les espoirs suscités par la possibilité enfin acquise de présider à la destinée d’effectifs à façonner selon des volontés locales, en revanche, les achoppements découlant de choix intérieurs, qu’ils soient de politique agricole ou plus largement économiques, ont saboté des tentatives de décollage.

Avec le virage vers une instruction à dominante privée, pour des populations en incapacité de posséder des revenus suffisants, et exposées pour les parts citadines à des gentrifications pressurisant des revenus déjà limités, l’offre publique suppléée est un coup dur additionnel.
Entre 20% et 40% de l’argent dépensé pour l’éducation dans la région, provient de ménages déjà bousculés par des revenus très modestes, quand les soutiens financiers institutionnels ne restent que principalement cantonnés aux études élémentaires, et la répartition des dépenses publiques étatiques, n’atteint pas encore son plancher souhaité d’équité26.
La recrudescence d’acteurs privés de l’enseignement, dans la plupart des cas, éloigne ainsi factuellement et sans cesse ces populations en grande majorité, de la possibilité d’avoir accès à une instruction plus qualitative, par adaptation de tarifs pratiqués.


Le piège démographique

Comment intéresser les maillages territoriaux de base, à des initiatives structurantes, harmonisées avec les stratégies de long terme, tout en résistant aux marches naturelles et vagues submersives entrainant déjà les sociétés ?
La situation de fragilité des économies, notamment amplifiée par la dernière crise pandémique, ainsi que la fin apparente des cycles de rentes substantielles, adossés à des matières agricoles et minières, ne cesse d’en appeler à plus d’efficience et de réinvention.

Tantôt source d’enthousiasmes, ou élément distinctif clamé pour marquer une singularité africaine porteuse d’espoirs, par transposition analytique, la démographie continentale et particulièrement sa population juvénile, alimentent confusions et clivages.
La marche entamée au début du XXe siècle, croisant les effets de la modification de modes de production et l’endiguement relatif de causes majeures de mortalité, a impulsé une accélération de la croissance de la population, restant toutefois plus modérée que ce qui fut observé en Amérique latine et en Asie entre 1900 et 198027.

Celle-ci, jugée à tort significative, n’est que dans sa matérialité et ses sous-jacents, le pendant africain de tournants connus e. g. sur le continent européen, au cours des périodes de renouveau, consécutives aux récurrentes disettes et épidémies dévastatrices, entre les XVe et XVIIe siècles28.
Les deux révolutions industrielles et transformations qui marqueront ces temps, auront à leur tour contribué à tirer considérablement le taux d’accroissement vers le haut.
Ainsi, la population du vieux continent, fut multipliée par 5 entre 1500 et 1900, et par 4 entre 1800 et 200029.

En tout état de cause, de son côté, l’augmentation de la population africaine, multipliée par 5 depuis les indépendances, rapportée à la réalité historique et aux déterminants socioéconomiques, n’est en rien en elle-même un fait majeur.
En revanche, les incertitudes imputables aux capacités d’absorption de la main-d’œuvre jeune, et la hausse rapide du stock d’individus confrontés au champ du travail, assombrissent la visibilité sur le futur de la région subsaharienne.

L’argument enthousiasmant du dividende démographique, dont les fondements reposent sur le ratio de dépendance30, pose problème.
Avoir un nombre important de personnes en âge de travailler, n’est pas forcément synonyme d’insertion effective dans des emplois, et encore moins de rémunérations décentes obtenues, permettant de prendre en charge les plus jeunes et plus âgés.
Dans des désirs mondialistes, pleinement assumés depuis des décennies, l’aptitude à déceler les positionnements avantageux pour soi, est décisive.
Des argumentaires conçus pour les uns, sont repris involontairement par d’autres, avec comme risque celui de ne plus percevoir le caractère intéressé et intelligible de considérations31.

La structure démographique actuelle, en l’état, ne saurait être une force, sans accompagnement rigoureux, dans l’urgence d’un délai assez court, par de nouvelles philosophies économiques à même d’avoir un impact décisif sur le tangible. L’orientation vers des postures novatrices et assurément manufacturières, fondées sur la mobilisation de fonds locaux et à coûts optimisés, s’impose non seulement avec la manière, mais aussi en évitant le piège du hâtif et du mimétisme absolu.

Il est crucial, de penser des décentralisations économiques, dépassant celles qui ont bien plus réorganisé l’administratif.
Privilégier des canaux d’écoulement plus directs, en donnant de la latitude à des initiatives locales finement orchestrées, reposant sur les forces des territoires dans leur diversité, – à mobiliser autant que possible en accord avec des cadres directifs nationaux – apporterait un souffle précieux à l’émergence de champions.
Réduire les lourdeurs héritées de complexités inhérentes à des logiques de fonctionnement, coïncidant peu avec les besoins manifestes de zones moins favorisées, présenterait l’utilité de fluidifier des changements, tirant profit du poids des demandes des grands centres urbains, qui collectent les parts significatives des revenus générés.


Réparer les humanités pour réussir

Des secteurs clés alimentés et renforcés au fil du temps, accompagnent et tirent indubitablement le désir de recherche et d’innovation. Ils impliquent une conservation d’une relation particulière à l’enseignement académique de pointe, aux sciences sociales, qui ne peut être éludée par une ouverture préférentielle dans la continuité du discours et des actions réalisées, aux opportunités de choix en l’absence de prérequis.
Ces derniers, incluent une donnée, dont l’influence est particulièrement minorée en région subsaharienne, à savoir la réparation préalable des humanités, marquées par un historique d’évènements aussi déstructurant les uns que les autres.
La brutalité des circonstances déshumanisantes imprégnant les identités collectives dès le VIIIe siècle, la fréquence de conflits aux victimes innombrables du XXe siècle, la barbarie obscurantiste du XXIe siècle, semant toutes désolation et horreur, ne peuvent avoir laissé indemnes les matrices collectives.

Les questions liées à la restructuration des sociétés marquées par des siècles de relations humainement brisantes, restent généralement taboues et balayées32 par des populations prises régulièrement en étau, par la dureté considérable d’un quotidien fait d’incertitudes rémanentes, et de convictions quant à la convenance de chemins empruntés.
Si la transmission de poids traumatiques par bagage épigénétique33, semble ne plus faire douter les mondes scientifiques, à l’opposé, il est coutume d’évoluer particulièrement dans la région, comme étant en dehors du champ des conséquences profondes de telles expériences vécues.

Sous le joug d’hybridités et d’adhésions à des courants non pensés suffisamment, occasionnant des désorientations et pertes de densités culturelles accrues par le peu de sympathie pour le littéraire, les terreaux sont dépossédés d’éléments pouvant servir à résorber les dérives, et rééquilibrer leur relation avec la conception de philosophies directrices mélioratives, auxquelles la promotion de valeurs repensées, contribuerait.
Un système éducatif, ce sont d’abord des individus d’horizons variés et de conditions diverses. La matière qui entre dans un processus qui devra déboucher sur la communication de compétences pratiques, savoirs essentiels, et capacités adaptées aux défis se présentant au fil du temps, est d’abord humaine.
Avant de former, le bien-fondé de la démarche repose sur l’aptitude à intégrer dans les étapes de formation, et à maintenir tout au long de celles-ci, des individus débarrassés de tous les éléments nuisant à la qualité des produits finaux à obtenir.

Comment se projeter, et envisager de construire des individualités en phase avec les réalités contemporaines, lorsque des identités transpirent ce que les parts refoulées de leurs histoires ont fait d’elles ?
Telle est une question qui mériterait d’être posée, de manière à pouvoir se mettre réellement en marche.
Il est essentiel, de prendre la mesure des réparations à effectuer, de dépasser les regards désobligeants sur soi-même, en renforçant l’habileté à être au cœur de sa propre réalité et de ses imaginaires, plutôt que tendre vers des dénis rassurants, ou des imitations non fructueuses, de ce qui n’est souvent que le corollaire de réflexions portées par des civilisations aux acquis consolidés, et de leurs déclinaisons qu’elles soient positives ou négatives.

Fusionner des marchés, créer de larges espaces de consommation, sont des mantras dont les éloges ne tarissent point, malgré moult prévisibles déconvenues. Sans des acquis humains solides et une compétitivité rassurante, leurs promesses s’annoncent difficilement tenables, indépendamment de la position où l’on place le curseur des attentes.
Penser l’adaptabilité de compétences, dans un contexte de désamours graduels de la décisive pensée critique34, en l’absence des socles permettant de former des humains pleins, et non exclusivement des profils prêts à être absorbés par des mécaniques marchandes, ne suffira pas à combler les déficits actuels, et à investir ces populations comme moteurs privilégiés des essors de leurs sociétés.

Cela ne pourra se faire, qu’en regardant également en face les périls énergétiques et sécuritaires, s’imbriquant dans une toile commune, délaissant l’illusion de la représentativité de conditions privilégiées, afin de mobiliser collectivement des efforts comme jamais auparavant.


Par Aidy




Notes et bibliographie

  1. Jean-Pierre Clerc, Le Monde, Archives, Huit Etats africains face a leur jeunesse, 18 juillet 1972[]
  2. « En Afrique subsaharienne […] à mesure que les écoles se remplissent, de nombreux signaux révèlent que les élèves en tirent peu de profit. Alors que dans le monde un enfant et adolescent sur cinq en âge de fréquenter l’école primaire et secondaire vit en Afrique subsaharienne, la région abrite un tiers de ceux qui ne savent pas lire correctement. Sur le continent, après au moins six années de scolarité primaire, environ 60% des élèves ont des compétences insuffisantes en calcul et en lecture. » Cinq enjeux de l’éducation en Afrique: démographie, financement, inclusion, qualité, emploi des jeunes, Education en Afrique, UNESCO IIEP Dakar. Bureau pour l’Afrique, 2022.[]
  3. Voir aussi par exemple, Vincent-Lancrin, S., et al. (2019), Fostering Students’ Creativity and Critical Thinking : What it Means in School, Educational Research and Innovation, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/62212c37-en[]
  4. L’on se permettra ce terme par simplification. Son inadaptation fut déjà pointée du doigt en 1982, notamment par Philippe d’Iribarne. cf. Philippe d’Iribarne, Le Monde, Archives, Il n’y a pas de « marché  » du travail,  05 mars 1982; Iribarne, Philippe d’. L’Etrangeté française. France: Editions du Seuil, 2009.[]
  5. « Un secteur est porteur quand son taux de croissance mondiale est particulièrement élevé et a vocation à le rester. » cf. Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française, 2008. Cette définition a le mérite de mettre l’accent sur l’analyse prospective, même si l’homogénéité des tendances, n’est pas gage de réussite pour les industries locales de pays divers, qui doivent être capables de penser selon la perception de leurs propres enjeux.[]
  6. Hesseling, Gerti. Histoire politique du Sénégal: institutions, droit et société. Pays-Bas: Editions Karthala, 1985.[]
  7. De jong, Ferdinand, Brian Quinn, et Jean-Nicolas Bach. « The ruins of utopia: The École William Ponty and the Université du Futur africain (University of the African Future) », Politique africaine, vol. 135, no. 3, 2014, pp. 71-94.[]
  8. « Il s’agit en effet de faciliter l’accès des carrières administratives à ceux dont la famille a toujours secondé avec honneur notre œuvre civilisatrice et mis son prestige héréditaire au service de nos intentions ; et il faut surtout éliminer avec un soin impitoyable tous ceux dont les facultés, même brillantes, sont insuffisamment équilibrées, tous ceux qui feront servir à la satisfaction de leurs appétits le savoir qu’on leur donnera, qui pousseront leurs congénères à des révoltes et qui garderont toute leur vie l’inquiétude et la cruauté des loups mis en cage. » Georges Hardy, Premier inspecteur de l’enseignement de l’A.O.F, Une conquête morale : l’enseignement en A.O.F., Armand Colin, 1917, p. 13.[]
  9. C. Labrune-Badiane, L’enseignement secondaire postcolonial au Sénégal: enjeux politiques et sociaux. L’exemple du lycée Djinabo de Ziguinchor (1960/1980), 2012.[]
  10. Nkay Malu Flavien, La Croix et la chèvre : les missionnaires de Scheut et les Jésuites chez les Ding orientaux de la République Démocratique du Congo (1885-1933), 2006[]
  11. Roosen, Jozef. “Le premier catéchisme jésuite dans la mission du Kwango 1896.” Annales Aequatoria 24 (2003): 39–51.[]
  12. Falaize, B., Heimberg, C., & Loubes, O. (Eds.) 2013. L’école et la nation : Actes du séminaire scientifique international. Lyon, Barcelone, Paris, 2010.[]
  13. « Les règles et les principes de la structure de base ne doivent pas aboutir à une distribution des ressources éducatives en totalité ou en partie en fonction de leur résultat selon des critères de productivité, mais aussi en fonction de leur valeur d’enrichissement de la vie sociale et personnelle des citoyens, y compris des plus défavorisés. » Le rôle de l’éducation dans le développement chez J. Rawls J. Rawls et A. Sen, entre équité et efficacité, Jacques Poirot « Mondes en développement » 2005/4 no 132 pages 29 à 38[]
  14. Gabriel Marc, L’économie du Sénégal à la veille du plan quadriennal 1961-1964, d’après la comptabilité économique 1959, 59-80.[]
  15. Yao, Alla, Institut international de la planification de l’éducation, Cahiers de L’IIРЕ no. 7, La scolarisation totale est-elle possible en Côte d’Ivoire pour l’année 1975 ou 1980 ? A quelles conditions ?, 1969[]
  16. Voir aussi par exemple, Doudjidingao, Antoine. Éducation et croissance en Afrique: une analyse comparative des pays anglophones, francophones et maghrébins. France: Harmattan, 2011.[]
  17. Une configuration économique qui met en comparaison l’indice des prix à l’exportation, à l’indice des prix à l’importation, afin de déterminer des positions avantageuses ou défavorables. Frédéric F. Clairmont, y consacra notamment un article paru en 1975. cf. Détérioration des termes de l’échange et « désaccumulation » du capital, Le Monde Diplomatique, Archives, septembre 1975.[]
  18. UNESCO Regional Office for Education in Africa (Senegal), Rapport sur l’état de l’éducation en Afrique, 1995: stratégies éducatives pour les années 90, orientations et réalisations.[]
  19. Eliethe P. Éyébiyi, « L’alignement de l’enseignement supérieur ouest-africain », Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs [En ligne], Hors-série n° 3 | 2011, mis en ligne le 15 juin 2013, consulté le 09 décembre 2022. URL : http://journals.openedition.org/cres/109[]
  20. Voir aussi par exemple, Malon, Claude. “L’évolution générale des échanges entre Le Havre et les colonies françaises de 1880 à 1960”. Le Havre colonial de 1880 à 1960. By Malon. Mont-Saint-Aignan : Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2006. pp. 31-64[]
  21. Moyenne de la croissance du PIB, de 2010 à 2018[]
  22. Lopes, Carlos. L’Afrique est l’avenir du monde: repenser le développement. France: Éditions du Seuil, 2021.[]
  23. « Le processus de développement de l’école (à l’exception des pays les plus riches) repose sur la demande sociale d’éducation. », L’Afrique des idées reçues. Paris : Belin, 2006, p. 390-396, Courade Georges (dir.) []
  24. Ano CU, Ochwo-Ssemakula M, Ibanda A, Ozimati A, Gibson P, Onyeka J, Njoku D, Egesi C, S Kawuki R. Cassava Brown Streak Disease Response and Association With Agronomic Traits in Elite Nigerian Cassava Cultivars. Front Plant Sci. 2021 Nov 22;12:720532. doi: 10.3389/fpls.2021.720532. PMID: 34880882; PMCID: PMC8646096.[]
  25. Nous avons par exemple, le cas de l’anémie falciforme, encore appelée drépanocytose, qui concerne plus de 200 000 nouvelles naissances chaque année en Afrique subsaharienne. En plus de la relative faible connaissance de l’existence de la maladie, dans la région, les traitements ont très souvent des coûts prohibitifs pour la plupart des ménages, en témoigne l’étude parue en 2016, sur la prise en charge des complications au Congo. (cf. Ngolet LO, Moyen Engoba M, Kocko I, Elira Dokekias A, Mombouli JV, Moyen GM. Sickle-Cell Disease Healthcare Cost in Africa: Experience of the Congo. Anemia. 2016;2016:2046535. doi: 10.1155/2016/2046535. Epub 2016 Feb 2. PMID: 26949544; PMCID: PMC4754467.).
    Le calvaire enduré par les enfants et jeunes, porteurs de la maladie, tout au long de leurs études, réduit de façon considérable leurs chances de réussir. Chaque perte en vie humaine du fait de ce mal, fait brûler des support humains précieux pour les familles.[]
  26. Voir par exemple, N’Da, K., Kouadio, K. & Aka, F. (2021). À qui profitent les dépenses publiques d’éducation en Côte d’Ivoire ?. Mondes en développement, 195, 95-108. https://doi.org/10.3917/med.195.0095[]
  27. Gendreau Francis, Démographies africaines, Estem (Aupelf, Uref), 1996, 128 p.[]
  28. Durant ces années, le continent européen fut frappé par d’intenses famines, aux causes à la fois climatiques (Rudesse de périodes hivernales, dans le cas de celle de 1693-1694, avec les « années de misère ».), sanitaires (Les famines ont souvent été bien plus meurtrières, du fait des maladies y trouvant un terrain propice à la circulation d’agents pathogènes.), mais aussi structurellement économiques en raison d’impréparations diverses. cf. lfani, Guido and Gráda, Cormac Ó (eds.) Famine in European History Cambridge: Cambridge University Press2017[]
  29. Livi Bacci, Massimo., Bardos, Jean-Pierre. La population dans l’histoire de l’Europe. France: Éd. du Seuil, 1999.[]
  30. La dépendance démographique, rapporte le nombre d’individus de moins de 20 ans et de plus de 65 ans, à la population de 20 à 64 ans.[]
  31. « Si les investisseurs mettent en avant la démographie, c’est pour deux raisons : avec une telle population active, plus d’un milliard d’individus, l’Afrique va devenir le plus grand réservoir de main‐d’œuvre et de consommateurs du monde ; avec une telle population, même relativement pauvre, l’Afrique va devenir un des plus grands marchés du monde. ». cf. Sénat session ordinaire de 2013-2014, Rapport d’Information, Enregistré à la Présidence du Sénat le 29 octobre 2013.[]
  32. Gail Womersley et Laure Kloetzer, « « En Afrique, aller voir le psychologue, je n’ai jamais entendu ça » : interprétations croisées du psycho-traumatisme entre médiateurs culturels, professionnels de santé et réfugiés victimes de torture à Athènes », Revue européenne des migrations internationales [En ligne], vol. 34 – n°2 et 3 | 2018, mis en ligne le 01 janvier 2021, URL : http://journals.openedition.org/remi/10674[]
  33. Yehuda R, Lehrner A. Intergenerational transmission of trauma effects: putative role of epigenetic mechanisms. World Psychiatry. 2018 Oct;17(3):243-257. doi: 10.1002/wps.20568. PMID: 30192087; PMCID: PMC6127768.[]
  34. Vincent-Lancrin, S., et al. (2019), Fostering Students’ Creativity and Critical Thinking : What it Means in School, Educational Research and Innovation, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/62212c37-en[]