
Le continent africain, perçu encore trop souvent par le prisme d’une rationalité homogénéisante et simplificatrice, qui s’exprime d’ordinaire par de récurrentes lectures faites de phénomènes saisis dans la trivialité de leurs manifestations les plus captivantes, n’a cessé durant les trente dernières années d’être au cœur d’attentions multiples, se déclinant en une pluralité féconde de postulats et de thèses défendues. Elles s’inscrivent aux côtés de solutionnismes aux résurgences persistantes, émergeant de milieux académiques ou de prétention autre, dans le prolongement de croyances conditionnant des perceptions, et paramétrant la relation à l’observable.
La question des migrations de populations issues de régions continentales, de leurs effets sur des processus d’essor tractant les territoires d’origine, de leur caractère décisif et des perspectives contributives, alimente un grand nombre de considérations. Celles-ci, formées aussi à l’évidence à partir d’une matrice imprégnée d’un désir audible d’autonomisation et de progrès, sont couramment perceptibles au travers d’inflexions narratives, faites de généralismes et d’extrapolations, réalisées à partir du décryptage de phénomènes d’une complexité régulièrement masquée par des postures adoptées.
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La progression au fil des années du nombre de populations émigrantes, captées principalement par des points de chute dominés dans leurs représentations par les régions au Sud du Sahara, est également indissociable d’afflux significatifs contraints par des phases d’instabilité observables notamment en zone sahélienne, dans la « région des Grands Lacs », et dans la Corne du continent. Ces situations, dont l’intensité pour certaines d’entre elles s’est relativement accrue depuis les dernières décennies, parfois en présence de phénomènes climatiques extrêmes, rencontrent des mutations plus ou moins tangibles d’appareils économiques et politiques fragilisant des ensembles.
Elles accentuent la nécessité d’une considération plus exigeante, des conditions encadrant des connexions maintenues entre foyers d’émigration et populations s’expatriant, également jeunes, attirées par des perspectives éducationnelles jugées meilleures, rejoignant des cohortes d’individus plus ou moins qualifiés en quête de conditions perçues comme plus désirables.
Par leurs diverses déclinaisons, ces itinérances colportent de profondes espérances à l’exemple de celles drainées par des mouvements transcontinentaux établissant déjà des ponts entre territoires d’empires coloniaux au début du XXe siècle. Elles cristallisent désormais de façon prépondérante dans le discours, de nouvelles attentions qui abordent d’une façon particulière la question des potentiels qu’elles renferment, pris sous l’angle des flux de capitaux qu’ils génèrent par l’entremise d’une synergie de facteurs, non sans approximations et certitudes, qui tendent à constituer en soi d’attractives matrices analytiques, aux nombreux effets préjudiciables.
Une antériorité de particularités structurelles liées à la migration africaine
Au sein de sociétés coutumières pour une part importante d’entre elles, de contraintes redessinant des sphères d’influence selon des modalités d’un genre particulier, leur soumission antérieure à des ordres nouveaux faisant muter des prérogatives politiques et configurant différemment les cadres économiques et sociaux, aura impulsé de nouvelles tendances pour des périodes d’incertitudes.
La diffusion d’un capital manufacturier dans sa maturité européenne de l’époque, et son influence prédominante dans des terreaux aux logiques fonctionnelles bien souvent aux antipodes de celles promues par les conquérants, ajouté à l’extra-territorialité de moyens d’acquisition de celui-ci1, ont renforcé une attractivité économique de pôles administratifs coloniaux, qui se fit au détriment de l’ouverture à un rôle autochtone, en capacité d’opérer efficacement dans le champ d’une concurrence marchande aux règles méconnues.
L’essor de quelques régions antérieurement la cible privilégiée d’investissements métropolitains, a contribué à l’émergence d’urbanités endossant le rôle de piliers, d’un apport indéniable pour nombre de populations rurales en quête de moyens de subsistance, dans des sociétés happées par de nouvelles logiques organisationnelles et transactionnelles. Connectant efficacement des centres d’activité sur des distances considérables, ces espaces investis préférentiellement par des avant-gardes coloniales, qui n’épargnèrent point des bourses indigènes quasi inexistantes du poids de règles édictées, vont alimenter une industrie de l’exploitation de la main-d’œuvre à laquelle contribueront des agences d’émigration2 au rôle décisif.
Depuis ces places fortes de la présence impérialiste, que l’on soit en Afrique centrale ou à l’Ouest du continent, l’on verra s’ajouter aux structurations impulsées par des plans prospectifs de profits agricoles minutieusement élaborés, ou d’exploitation de ressources à intérêt industriel du début des années 1900 sur le pourtour du Golfe de Guinée, un besoin de compétences spécifiques animant des déplacements de travailleurs, et entrant en adéquation avec l’évolution des exigences de l’appareil colonial dans le déploiement de son emprise territoriale. Les canevas éducatifs tissés à la fin du XIXe siècle, dans lesquels finirent par s’inscrire des initiatives missionnaires qui n’en furent pas réellement à l’origine, participeront alors à doter les populations ciblées, de rudiments s’alignant sur des demandes de forces de travail nécessaires à l’accompagnement de l’œuvre d’implantation progressive et à l’efficacité des actions entreprises3.
De la Sénégambie au Moyen-Congo en passant par la Gold Coast, les ordonnances édictées par les administrations, insérées dans une trame de mesures contraignantes se manifestant notamment par l’exercice d’un recours à des réquisitions de main-d’œuvre, qu’une politique coercitive revêtait à dessein de l’entérinement de chefferies locales4, ainsi que des logiques restrictives puisant leur essence dans la structurée philosophie infériorisante de l’indigénat5 6, vont conforter la dynamique d’organisation de mouvements humains7. Cet élan reposa sur des motivations certes diverses, également opérationnelles, et qui de façon notable découlèrent de décisions et de circonstances s’imposant aux individus issus des territoires africains vassalisés.
Celles-ci, vont trouver pleinement leur utilité, que l’on soit en face d’enrôlements pour des travaux d’une pénibilité côtoyant régulièrement l’inacceptable, ou de politiques fiscales prédatrices réifiant l’autochtone, impliquant une redevabilité convertissable en travail à fournir aux pouvoirs locaux8, empreinte d’une agressivité proéminente, se déclinant dans une lourdeur de l’imposition de populations vulnérables et déshumanisables à répétition.
Les besoins en main-d’œuvre à destination du déploiement de l’action entrepreneuriale colonisatrice, s’intensifiant dans des travaux d’aménagement portuaires et de voiries d’acheminement (de ressources collectées) censées amenuiser des dépenses de transport9, vont affronter des géographies parfois peu accommodantes, et conduire notamment au sein de régions à faible densité démographique10, à l’accumulation de manœuvres et d’ouvriers.
Les migrations tout en servant des besoins ostensibles de sécurité quant à l’accès à des commodités rudimentaires dans des environnements d’une rudesse peu habituelle, s’imposeront également dans le cas de communautés rurales11, comme des alternatives peu aisées à décliner, côtoyant un impératif de survie, qu’un imaginaire adossé à un prosélytisme ouvrier provenant de cercles divers et distants va participer à attiser12.
Sans être circonscrits à des contextes coloniaux africains, ces comportements migratoires en plus de s’observer en dehors de territoires sous administration française, se renforceront à une échelle transcontinentale à l’image des arrivées de migrants indo-pakistanais investissant des colonies britanniques à l’Est du continent.
Rejoignant pour un grand nombre d’entre eux des structurations de pôles d’activités côtiers, ces afflux de populations qui dès le XIXe siècle avaient concerné des émigrés syro-libanais13 14, à mettre en perspective avec les configurations politiques et économiques induites par l’entrelacement d’influences impérialistes15 sur la vie de ces populations, seront stimulés par des écarts de gains pécuniaires et matériels proposés. Ceux-ci, établiront ainsi de façon probante la force de moteurs migratoires de nature économique et sociale.
Les mesures incitatives initiées et conduites par les administrations coloniales, à l’image de celles promues par Gabriel Angoulvant et Dealtry Lugard16, eurent comme cadre la réalité de territoires inéquitablement dotés en termes de conditions nécessaires à la naissance d’un intérêt pour le développement d’activités d’un caractère stratégique, et vont accompagner l’impulsion et le contrôle des flux migratoires de régions sahéliennes à celles du pourtour Atlantique. L’on verra ainsi émerger, jusqu’à l’apparition de prescriptions restrictives régulant les déplacements de populations, un encouragement motivé de ceux-ci, trouvant notamment un intérêt dans l’établissement d’une fiscalité adaptée aux revenus générés par des activités pratiquées par des peuples autochtones, qu’elles soient agricoles ou de négoce17.
Ces mises en mouvement de populations, furent suivies rapidement de la reconfiguration d’une idée centrale dans la dynamique migratoire, celle de la propriété, dans de nouveaux paradigmes juridiques qui susciteront des griefs à la manière de ceux formulés par l’Aborigines Rights Protection Society, à l’Ouest du continent. Par le moyen d’une singularité de la patrimonialisation et d’une accessibilité inéquitablement répartie à des opportunités de génération de revenus adéquats, elle va conduire à l’apparition d’une multiplicité de conflictualités, aux effets diffus à l’intérieur des empires coloniaux, e.g. de la Basse-Côte ivoirienne18 à la région du Stanley-Pool19.
Si les intérêts motivés par quête de profits, eurent un impact évident sur la conduite d’activités20, ceux-ci ne furent pas particulièrement pensés pour les régions les moins bien dotées, finissant par exposer les travailleurs à une sous-utilisation de la force de travail.
Les ensembles territoriaux concentrant la plupart des activités et qui émergèrent de ce cadre, formés à partir d’une philosophie exogène de l’urbanité21, en constante lutte avec leur substance coloniale, n’étaient que peu aptes à dépasser la quasi seule densification démographique qui caractérisaient la majorité de ces entités d’Afrique subsaharienne.
La diffusion d’un phénomène de précarité en présence d’une sous-productivité agricole des environnements ruraux sous la contrainte de niveaux croissants de consommation, exprimée également par l’apparition d’un « squatting »22 aux abords des nouvelles agglomérations en expansion, fut une anticipation des contemporaines bidonvillisations.
Cette insertion approximative dans des tissus économiques étroits, alimentés toutefois depuis la fin du XIXe siècle par diverses contributions financières peu ou prou utilitaristes en provenance des « métropoles », et amplifiée par une inadéquation de politiques d’instruction, finira à l’approche des indépendances par esquisser l’ébauche de toiles migratoires spécifiques.
Ces apports financiers issus du milieu des entrepreneurs privés soumis à une sélection préalable, tôt mobilisés dans l’œuvre coloniale africaine et intégrés comme soutien aux initiatives étatiques dans le contexte d’une extension de la doctrine coloniale, participeront à la construction d’une attractivité rudement évaluée des colonies23.
Au Moyen-Congo et ailleurs dans l’espace colonial, cette coordination d’intérêts va se matérialiser par le rôle joué par des structures au pouvoir conséquent, à l’instar de la Compagnie forestière Sangha-Oubangui, établies sur des espaces considérables. Elles contribueront à organiser les déplacements, de populations en quête d’activités rémunératrices, mobilisées par les ambitions d’un aménagement de territoires consolidant une présence dominatrice, et rendant effective la conduite d’opérations prioritaires.
Ces entités exploitatrices, s’inscrivirent par le cadre administrativo-juridique aux relents féodaux qui leur donna naissance, dans la panoplie d’outils au service de prises de position intéressées et nécessairement intrusives, telles que réalisées initialement par l’entremise de pôles d’investissements répondant à une posture économique intégrationniste, captatrice de l’effort indigène et de la valeur à tirer de son milieu. Cette conception se retrouvera d’une part, dans une pensée reflétée par les initiatives sarrautiennes24, sera dynamisée d’autre part par le « Colonial Development Act »25 des années 1920, ou configurera des mesures déployées en vue de pallier les lacunes de doctrines politiques impérialistes, comme dans le cas du capitalisme lusitanien26.
La politique d’action stratégique menée par la réalisation de projets d’envergure, accompagnant la vie sociale et politique de ces grands ensembles administrés, qui n’eurent point l’occasion de se passer entièrement de ces contributions mixtes27, préfigurera le cadre qui interviendra quelques décennies plus tard, instituant l’élargissement des contributions financières à visées entrepreneuriales, à des nations qui jusque-là ne s’étaient pas notoirement manifestées par une participation à grande échelle à l’entreprise coloniale sur le continent. Celui-ci, va conférer une nouvelle dimension à la mécanique de ce qui revêtira désormais diverses appellations, mobilisant des apports en provenance de pays dits avancés, et uniformisant des démarches.
Dans leur dénomination bien connue d’aide au développement, ces contributions particulières partageront avec d’autres formes de flux d’assistance reposant entre autres sur des téléologies du comportement migratoire, une incertitude de la mesure de leur efficacité, au travers notamment d’idées erronées que l’on se fait d’usages et de bénéfices tangibles de tels flux.
Le souffle insufflé par la fin de la seconde guerre mondiale, sera également porteur d’une idée avant-coureuse de fluidification accrue des déplacements, concrétisée par la suppression du laissez-passer en Afrique occidentale française, tablant sur la mobilisation d’un principe de libre circulation des personnes, tributaire d’un dynamisme n’écartant pas il va de soi, selon des déterminants de ces mouvements, la survenance de reflux périodiques28.
Ce moment charnière, verra se joindre dans le sillage d’un afflux de compétences à faire valoir, non nécessairement adossé à des capacités d’absorption convenables de la main-d’œuvre ou à des demandes palpables dans les quantités proposées, une bourgeonnante émigration estudiantine se prolongeant au-delà des périodes de décolonisation.
Ce vent de liberté entrevue, aura fait basculer des prérogatives sans réellement réinventer la question de l’accompagnement à la maturation d’intérêts économiques, impliquant auparavant le secteur privé notamment par le biais de coopérations d’une portée stratégique discutée, dont le rôle s’est tôt imposé dans le dispositif expansionniste29.
Les décennies postindépendances, en permettant d’envisager des besoins portés par une insertion accrue de populations dans des processus transformatifs, avec des nécessités dépassant les anticipations opérationnelles antérieures aux fondements étriqués de la fin du XIXe siècle, seront par la même occasion comme en Afrique de l’Ouest, à l’origine de l’entérinement d’une polarisation de flux migratoires.
Un mot, des histoires et un imaginaire
Dans des cadres sociétaux aux fondements émergeant de trames étendues dans le temps, desquelles se profilent des possibles multiples, autour de l’idée incarnée par le mot « diaspora », s’est créé au fil des décennies et indépendamment des milieux, un imaginaire agitant l’éventualité de l’existence d’un prolongement de sphères nationales, celle d’une continuité de communautés « volontaires »30 de destin, confrontées à une hétérogénéité de réalités humaines aux confluences d’impératifs politiques et de nécessités économiques influant sur la porosité de barrières, globalisant des enjeux et pouvant flouter des regards sur la complexité de dynamiques transnationales.
À la question diasporique, sujette à des conceptions également modelées selon des objectifs de circonscription à dessein d’entités sociales31, se mêlent des matérialités culturelles et historiques, des désirs de réinvention d’identités en constante construction, dont la réplicabilité ne peut être pensée comme systématisable.
Au cours des périodes consécutives aux indépendances africaines, les ponts établis précédemment entres pôles économiques locaux, reliant également des « métropoles » occidentales, continuèrent de jouer un rôle crucial dans les échanges en s’imposant comme des vitrines de la mobilité des personnes.
Que l’on soit dans des territoires Sud-américains, africains ou Est-asiatiques, d’anciennes colonies constituées auparavant en terres d’accueil pour des milliers de travailleurs originaires de régions voisines ou plus éloignées, vont maintenir une relative attractivité pour ceux-ci, tout en connaissant des moments redirigeant désormais des flux plus conséquents vers les anciennes puissances dominatrices, avec une diversification des points de chute, influencée par des possibilités que laissèrent présager des modalités d’installation.
Dans des foyers d’activité migratoire sénégalais ou nigérians, les questions des identités transfrontalières et de la qualité de l’insertion de communautés d’immigrés, sur lesquelles se construit un entretien de connexions et de circuits d’entraide suivant les générations, révèlent également des trajectoires qui se démarquent par des destinations peu communes, relativement à une idée que l’on se fait du rôle de la proximité socio-culturelle et historique, dans le choix des destinations de l’émigration.
Ces dernières, mettent face à la réalité de milieux qui n’intègrent pas sans conditionnalités l’individu, à des niveaux en adéquation avec des visées d’insertions économiques convenables et préalablement espérées. Tout en permettant des ascensions sociales qui nourrissent des imaginaires que la tentation de mises en concurrence larvées et triviales de communautés diasporiques anime, elles font apparaître des dimensions qui ne peuvent être écartées.
Si les installations à partir des années 1990, notamment dans le Nord de l’Italie32 furent le début de parcours faisant appel à des exigences différentes, tant en termes de prérequis linguistiques que d’aptitudes à s’insérer dans des structures sociétales aux caractéristiques peu familières, influençant le franchissement de paliers d’intégration pour des immigrés venant de régions intérieures du Sénégal, elles ne dérogèrent pas à une mécanique rodée, couplant dispositifs législatifs incitatifs33, politiques de l’emploi favorables et moments économiques clés34.
Dans le processus de différenciation et de construction diasporique, les approches mises en œuvre par les migrants à leur arrivée, teintées en partie d’une philosophie sociale communautaire du partage et de l’entraide empruntée à des cadres antérieurs35, furent déterminantes dans la construction de ponts les reliant à leur pays d’origine.
Ces cohortes constituées parfois à l’issue d’une trajectoire migratoire mobilisant en grand nombre des individus originaires des vallées arables frappées par la crise agricole latente depuis la fin des années 1960, suivant aussi des migrations par voie maritime colportant des espoirs par une abnégation palpable déjà avant le début du XXIe siècle, ont été constituées comparativement à d’autres communautés d’immigrés, à partir de populations peu dotées d’avantages capables d’aider à braver de futurs obstacles à des insertions socio-culturelles.
Elles furent confrontées, dans un tissu social tardivement concerné par une immigration subsaharienne soutenue, à des réalités auxquelles durent être opposés des ethos impliquant une aptitude à se fondre avec une grande flexibilité, dans des paysages économiques leur offrant peu de voies d’échapper à une insécurité sociale durable.
L’absence de socles socio-culturels préalablement bâtis et capables de protéger au mieux de vulnérabilités sociales, ne sera pas de nature à rendre aisée la progression dans une société méditerranéenne aux codes à appréhender.
Cette immigration sédentarisée par sa descendance, à la structure démographique fortement marquée par une présence masculine, sera notamment conditionnée dans son processus de construction d’une assise socio-économique, par des caractéristiques immanentes. Ce cheminement communautaire aboutira des décennies plus tard, à une surreprésentation des immigrés concernés dans le travail manuel, avec désormais environ 1 % d’insertions dans des professions du « domaine intellectuel et technique »36.
Le changement progressif mais contenu de la cartographie des parcours professionnels, par un accroissement de l’incorporation de profils disposant d’outils intégratifs plus efficaces, offre à terme un spectre plus large de choix d’insertion, comparativement à ceux proposés à des générations antérieures. Il se renforce certes par une présence de meilleure qualité dans des parcours d’études, mais voit ses perspectives être assombries par la récurrence d’interruptions de scolarité.
La structuration de cette diaspora au sein de la population hôte, qui se fit aussi en puisant dans des échanges à partir des substrats respectifs, déterminera l’amplitude d’une capacité d’assistance transnationale dans ses oscillations au fil du temps37. La confrontation aux structures sociétales locales, de dimensions sociales propres au foyer d’origine, couplée aux motivations initiales replaçant l’étape migratoire franchie dans un schéma souvent courtermiste, auront néanmoins permis de bâtir au gré de la construction communautaire et d’accomplissements individuels laborieux, un transnationalisme des pratiques sociales et des logiques, s’observant au-delà des premières générations38.
Dans le cas de communautés nigérianes, les premiers groupes d’immigrés installés en territoire états-unien, laisseront apparaître des cohortes sélectionnées selon une appétence pour les sciences ou composées de lettrés dans d’importantes proportions. Elles constitueront dans une certaine proportion, par l’existence d’une élite académique39, une avant-garde dans la mouvance d’un « transfert inverse de technologie » qui s’observera également ailleurs, à une échelle infra-africaine40 sur des périodes précises.
La relation précoce préalablement tissée avec la question universitaire41, créera un fil conducteur certes rudement malmené par la succession de crises, mais permettant de capitaliser sur des processus sélectifs entrant en compte dans la formation de microcosmes sociologiques au-delà des frontières du territoire d’origine. Ils aideront à soustraire des groupes d’immigrés installés, à une dilution relativement accentuée d’émulations que des paramètres sociodémographiques d’un autre ordre auraient permis42. De cet acquis antérieur, résultera notamment une stimulation de la productivité scientifique nationale43, rendant en outre possible selon les périodes et suivant des mécanismes relativement « traditionnels », l’export de compétences.
Les fondamentaux établis par ces legs, participeront à structurer un creuset local communautaire outre-Atlantique, autant nourrit par des matérialités sociales formées à partir de conceptions afférentes à des « ethnicités » revendiquées, que par des identités culturelles endossées, construites selon des modalités aux orientations propres. Elles donneront lieu à une emprise spécifique de la question raciale, en présence d’hybridations culturelles menaçant tant la perpétuation de pratiques sociales qui furent d’une utilité dans les processus de cohésion communautaire, que des liens tuteurs de l’expression de solidarités. Cet agencement de réalités diasporiques, autorisera à l’intérieur de cellules communautaires, la transmission d’un capital social et culturel44 d’une nécessité avérée, en environnement imbibé et façonné par les contraintes structurelles résultant d’essentialismes discriminants.
Les vagues migratoires successives, dont celles prenant forme au sein de terreaux biafrais durant la décennie 1960, y trouveront une dynamique structurante accompagnant des intégrations individuelles. Cette dernière, rendra par extension inappropriée, l’idée d’une mise en comparaison de configurations sociales qui en résultent et de trajectoires communautaires permises, avec celles moins élogieuses de populations natives ou allogènes soumises à des caractéristiques différentes de la migration, livrées également à des logiques politico-économiques fondées sur une licéité de la marginalisation sociale, et qui font face à des mécaniques spécifiques d’accumulation du capital, aux exigences autorisant diverses tendances en termes de « performances » collectives générales.
Ailleurs, au Viêt Nam ou au sein de la société péruvienne, dans laquelle le phénomène d’émigration observé à partir des années 197045 rejoindra des formes connues en Afrique subsaharienne, par des achoppements sécuritaires et un mondialisme aux effets pluriels46, l’on ne pourra passer outre des particularités47.
De la diversité de ces expériences migratoires et de la spécificité de parcours historiques, se dégage une pluridimensionnalité de rôles motivés par une idée de la diaspora, ne pouvant correspondre en tout point, dans ses effets culturels transfrontaliers et ses interactions sociales suscitées, à des issues de trajectoires initiées depuis le continent africain.
Ainsi, les déplacements de populations ayant participé à l’expansion du Dai Viêt48 en présence d’influences extérieures, vont irriguer un territoire dans un entremêlement d’émergences économiques et culturelles, et aider à l’établir progressivement comme une destination durable pour des populations allogènes49, mais aussi comme un foyer actif d’émigration. Les vagues migratoires observées plus tardivement, vont puiser des éléments de singularité dans ces préalables et dans le contexte de jonctions permises par des entreprises hégémoniques, en dépit d’une exposition à des événements aux répercussions partageant des points de similarité, avec d’autres émanant de contextes coloniaux africains.
Les communautés locales constituées au gré de migrations régionales, en présence de mutations portées par des philosophies ancrées50, et participant à la consolidation d’identités forgées dans des conflictualités que vont côtoyer les initiatives dominatrices occidentales dès la seconde moitié du XIXe siècle, auront en partage des caractéristiques acquises. Celles-ci, vont peser de leur poids durant des moments connus par des populations dispersées, et imprégner des interactions entre groupes humains distants, qui vont en partie organiser celles avec le foyer d’origine dans un élan intergénérationnel.
Aux premières tentatives d’installation en Amérique du Nord51, soumises à des conditions d’immigration aux aspects dissuasifs pour les moins privilégiés, vont correspondre sur le « vieux continent » sous couvert d’une politique culturelle coloniale, une émigration dans certains cas plus fluide et de nature différente.
L’on retrouvera en dehors du substrat élitiste et populaire animé par la chose politique révolutionnaire du début du XXe siècle52, ayant moulé des perceptions citoyennes et initié un fil conducteur, des masses mobilisées de gré ou de force par des impératifs productifs53, enfermées dans une altérité diminuante et dans une réalité de subsistance comme en témoigne le mantra « Tha phu’ong câ’u thu’c »54.
Des éléments, qui isolés de l’enchainement des événements stimulant des déplacements de populations, ne laissent que peu de marges de compréhension.
Sur ceux-ci, vont reposer une définition de cadres psychosociaux55, qui interviendront dans l’organisation sociale et politique précoce d’immigrés installés sur le continent européen. Cela, parallèlement à une construction d’identités aux prises avec un fait colonial sino-français, et aux côtés d’influences qui saisirent une immigration étudiante s’imposant déjà en termes de présence dès la fin des années 1920, dans un contexte de persistance de structure éducatives locales élitistes et d’héritage traditionnel.
L’ancienneté différente de l’immigration vietnamienne de part et d’autre de l’Atlantique, finira par l’entremise des doctrines d’insertion pratiquées56, par construire démographiquement et socialement les communautés installées. Elles organiseront des intégrations individuelles et collectives, suivant des schémas reposant en partie sur des liens communautaires aboutis. Ces derniers, en suppléant les absences de structures formelles d’aide à l’intégration, et de niveaux adéquats de littéracie et de qualification57, vont paver la voie aux générations ultérieures à l’instar de celles affublées du qualificatif « boat people ».
Cela conduira à amenuiser aux côtés de cadres politiques circonstanciels réceptifs58, des difficultés d’insertion davantage persistantes dans le cas de territoires asiatiques, et se rapprochant de celles rencontrées également par des communautés africaines lors d’installations sur le continent européen.
La réalité diasporique vietnamienne, subséquemment, se conçoit comme une mosaïque de socialités forgées dans des creusets historiques, déclinant un transnationalisme multiforme pétri au gré de constructions mémorielles et d’influences59, s’appuyant entre autres sur la perception de liens, et sur une culture aux ramifications entretenues. La grande disparité de profils migratoires observée dans le temps, n’empêchera pas toutefois grâce à des assises sociologiques, de conférer à une part importante des ménages constitués, des revenus médians supérieurs à ceux de diasporas africaines60.
L’absence d’une homogénéité de cadres migratoires et d’acquis sociétaux, selon les communautés nationales établies par-delà les frontières, révèle des disparités d’origines sociales entre les principales populations constitutives d’immigrations, comme dans le cas du Pérou61. Elles puisent des origines dans une historicisation de déplacements humains, et réduisent des effets potentiels d’issues migratoires sur la résorption de facteurs de pauvreté spatiale à l’intérieur des foyers d’origine, ce qui met en évidence des différences d’exigences individuelles et collectives, en fonction des contextes.
Les divers degrés d’accumulation du produit d’interactions sociales et culturelles qui en résulte, constituant des actifs immatériels d’une aide considérable, entretenus et aux influences décisives, participent à terme à produire une hétérogénéité de relations transnationales, qui se manifestent différemment selon les générations.
Le phénomène diasporique observé, ne pourrait par conséquent dans ses expressions, se concevoir en résumant la complexité de liens opérants et la pluralité des conditions desquelles émergent des nécessités de mobilité spatiale, à des conceptions qui éludent leur inscription dans le temps long, et réifient l’essence de communautés humaines distantes s’identifiant mutuellement à des souches culturelles et identitaires communes.
Son appréhension, nécessite de se tenir à bonne distance de logiques enfermant dans une caricature, de fondamentaux communautaires et de moteurs de décisions individuelles, déniant une alimentation par divers substrats qui donnent de la consistance et un sens, à des manifestations aux implications quantifiables économiquement.
Ces expériences et existences délocalisées, au-delà des contributions pécuniaires auxquelles elles sont le plus souvent rapportées et qui cristallisent les attentions, divulguent d’une façon moins ostentatoire dans le silence d’intimités peu interrogées, des réalités d’intégrations sociales variables selon les cohortes d’immigrés. Elles engendrent des risques pour la pérennité d’élans propices à une solidarité transfrontalière, dans des contextes nationaux qui rendent incertaine l’obtention continuelle de contreparties désirées, reposant jusqu’alors sur des mécaniques aux faux airs de « cultures » migratoires assumées.
Les insertions sur le continent africain, pour leur part, à part entière constitutives de l’architecture sociale de communautés de migrants, en cela il sied de le relever, sont en prise avec des écosystèmes qui les exposent à des lots de manifestations affectant leurs issues.
Au sein de territoires mitoyens ou de régions plus éloignées de la résidence de départ, ou précédente dans le cas d’étapes de transit, celles-ci font apparaître des difficultés prononcées pour des profils non privilégiés par le statut social, ou des acquis à mobiliser à leur avantage selon des réalités propres aux pays d’accueil, qu’il faudrait se garder de résumer de manière impropre.
Des regards sur des franges de populations immigrées, ou enfermées dans des identités transportant leurs poids de préconceptions nourries au fil des péripéties, rendent peu praticables des économies offrant déjà dans plusieurs cas, un nombre insuffisant de chemins accessibles et transparents d’ascension sociale62 pour la majeure partie des ménages nationaux plus ou moins en marge de circuits de gains matériels.
L’idée pernicieuse mais féconde, d’une gracieuseté de la seule présence non autochtone offrant une liberté de circulation et d’activité devant contenter, est entretenue par des conditions collectives d’évolution peu favorables, et s’accommode de fièvres discriminantes et exclusives que des moments de conjoncture et des processus sélectifs d’affirmation identitaire cultivent.
Le migrant, indépendamment de gains tirés de son itinérance, en tenant compte de caractéristiques essentielles qui déterminent la qualité de son parcours d’expatrié, souffre au final de vulnérabilités dont il n’est point assuré d’être exempté par des introductions dans des sociétés continentales aux politiques migratoires souvent encore en chantier63, pouvant converger vers des normes restrictives, avec une informalisation préjudiciable de l’accueil et un alourdissement de procédures d’intégration.
Ces issues sociales et professionnelles, avantageuses aussi par les capacités d’accompagnement matériel et humain qu’elles permettent, et dont tirent parti les milieux d’accueil et d’origine, produisent également au revers de leur caractère désirable, un pendant qu’il n’est pas rare de voir être érigé en symptôme de razzias de compétences et de qualifications.
Ce phénomène dont il importe d’expliciter des aspects, est exécuté par des mécanismes soutenus par des politiques d’immigration, têtes de pont de stratégies englobantes portant des ambitions économiques de long terme. Reposant sur des proportions de profils, insérés dans des processus de qualification et de consolidation de capacités, loin de leurs terres d’origine, ou enrôlés par le biais de la mise à profit de compétences acquises en dehors des cadres de leurs usages, ce fait est davantage révélateur de paramètres permettant de dépasser le seul scepticisme d’un constat, qui ne demeure pas moins évocateur d’une tendance devant interroger et orienter vers des périls sous-jacents.
Dans la réalité de territoires variés, africains et autres, les capacités d’absorption de la main-d’œuvre qui dépendent d’interactions économiques locales à hauts potentiels mais sous-dimensionnées, sont confrontées à des demandes formalisées par des économies proposant un différentiel théorique de perspectives de gain social et symbolique, dans des schémas d’insertion ultérieurs. Celles-ci, conditionnent des échanges de matière à caractère décisif dans une économie globalisée du savoir, dans laquelle la poursuite de la construction de dominations autant culturelles que commerciales, profile des hégémonies et distribue de nouvelles cartes dans une relation qui ne réaménage pas les rapports avec les sociétés humaines les moins équipées.
L’on ne se retrouve résolument pas systématiquement, dans des captations caractérisées de profils hautement qualifiés au sens premier de l’expression « fuite des cerveaux » communément employée64. Elles furent une réalité dans une certaine mesure pour quelques territoires dans les années 1960, et interviendront ultérieurement à des moments précis selon la convergence de facteurs.
Cette absorption d’un capital humain en devenir, et d’une main-d’œuvre à qualification variable selon une géographie des compétences disponibles, ne porte pas intrinsèquement le poids de ses désavantages, mais représente en tout état de cause un coût déraisonnable pour les économies concernées65. Elle participe toutefois pleinement dans son historicité au processus de constitution de la diaspora, et témoigne de milieux pris au piège par les vicissitudes d’un « marché » élargi du travail mû par des logiques de circulation accentuée de moyens de production, décloisonnant sélectivement des sphères de compétences, globalisant la recherche d’outils au service de la performance utilitaire, et s’appuyant sur des fragilités qui ne parviennent pas à être résorbées à une cadence en phase avec des impératifs qui gouvernent des relations d’une ampleur allant bien au-delà des seuls environnements locaux, ce qui redéfinit différemment les implications et les enjeux.
En définitive, à un standardisme de l’ébauche de l’édifice diasporique et ses émanations, s’oppose le caractère central d’une pluralité de composantes sur lesquelles reposent des caractéristiques communautaires acquises, au rôle déterminant.
Les constructions nationales continentales, produisant des sentiments d’appartenance procédant de processus relativement récents, résistent difficilement dans leur grande majorité à des enracinements selon des logiques mues par une conscience de communautés d’intérêts aux contours propres.
Elles achèvent difficilement de bâtir des canevas fertiles, pouvant contribuer à leur façon à définir des cadres à mêmes de tirer parti de diverses configurations d’organisation humaine.
Les contextes diasporiques évoqués, envisagés par des aspects auxquels il est nécessaire de se référer, loin d’être en tous points identiques, laissent apparaître des parcours différenciés qui fondent l’intérêt d’un regard non porté sur une promptitude de la comparaison motivée, et sur l’établissement hâtif de parallèles.
Autrement dit, il serait tout à fait sans grand intérêt, de n’observer que la dimension impliquant des mouvements de populations entre des ensembles territoriaux, et l’existence de populations plus ou moins assimilables à celles de foyers que l’on qualifierait de « traditionnels », sans dépasser des analyses déductives fondées sur une sémantique productrice d’imaginaires dénaturant des corollaires d’expériences humaines.
Envois de fonds, entre imprudence d’un providentialisme et frénésie de l’enthousiasme
La notion d’aide aux territoires, dans le contexte des réalités économiques africaines qui s’expriment aussi par la vulnérabilité d’un nombre accru de ménages qui côtoient des entrées à pas francs dans des mécaniques libérales aux contours attractifs, apparaît comme un indépassable qui se révèle sous la forme de contributions en espèces et en nature, pratiques sociales qui s’imposent comme des nécessités, dont la prégnance paramètre des relations qui orientent davantage vers des cadres de dépendance plus ou moins accentuée selon les régions.
Si dans des prises de position récurrentes observées depuis des décennies, elle se manifeste marquée d’un enthousiasme selon ses formes prises, et qui accompagne des chemins proposés à des sociétés envisageant des essors trivialement assujettis à la simple capacité à mobiliser ou faire converger des capitaux, en revanche, des fragilités sont colportées par la nature même de mécanismes qui les sous-tendent, qu’il s’agisse du fruit d’efforts individuels capturé par la comptabilité nationale, ou de soutiens financiers et techniques mis en œuvre par le biais de l’aide publique octroyée.
Ces derniers, formalisés par des transactions qu’il convient au préalable de réinstaller dans la réalité de leur nature, au-delà d’incarner l’une des métriques historiques de l’afflux de financements publics internationaux, usuellement et abusivement prise en étalon de mesure de solidarités transfrontalières, force est de constater rencontrent dans plusieurs cas une réalité du besoin, indépendamment de prétentions surqualifiant des retombées de mécanismes en jeu, tant en termes d’accès à un capital indistinct désiré dans une vision standardisée du progrès, que de diversité concernant les applications auxquelles il pourrait prétendre.
Ainsi, dans le prolongement d’un regard sur l’existant, la labilité de situations précaires diffuses, rend moins évidente – en l’état – la minoration d’impacts localisés, qui résulteraient d’éventuelles interruptions ou fluctuations défavorables d’apports et de financements parvenant dans certains cas jusqu’au plus près de nécessités, et qui requerraient une immédiateté de contrepropositions amortissant des effets de leurs conséquences, sans s’y arrêter.
Ces appuis, précèdant dans le discours médiatique un intérêt pour d’autres formes de contributions, en tenant compte à la fois des politiques encadrant leur mise en œuvre et du poids qu’ils exercent sur les revenus des donateurs, se singularisent et se matérialisent par une modération rationalisée de l’effort66. Ils laissent également transparaître la réalité d’économies contributrices qui demeurent peu sujettes à l’exécution de libéralités67 touchant aux ressources budgétaires68, sans y appliquer un certain regard sur la viabilité et les retombées de la démarche69, en environnements exposés à une multiplicité de conjonctures contraignantes70 pouvant conduire à des arbitrages.
Cette assistance ne saurait alors apparaître, hors incitations motivées par des objectifs de politiques étrangères, comme un invariant, un acquis garantissant sur une échelle de temps longue un niveau peu fluctuant des appuis dans leur acception actuelle, bien que contrairement à d’autres contributions de provenance extérieure aux territoires, elle soit relativement moins soumise à certains chocs71.
Ce caractère incertain de la pérennité de flux support d’une assistance multiforme, se retrouve également avec ceux se dégageant des contributions diasporiques prises dans leur ensemble, et qui avant tout résultent d’un agencement de combinaisons restituant une complexité de processus non équivalents, pour lesquels des dimensions fondamentales sont fréquemment reléguées par-delà l’élan qui anime l’intérêt qu’elles suscitent, rendant peu aisée toute projection voulant se conformer à un certain réalisme.
Reposant considérablement sur des ressorts qui ne sauraient décomplexifier des relations entre populations distantes, tout comme des processus d’insertion hétérogènes tenant compte d’aspects multiples non dissociables de perspectives établies dès le départ, et d’orientations prises par des cohortes d’immigrés, elles se dévoilent également avec une incidence significative du genre selon des maillages territoriaux.
La question des soutiens apportés par les diasporas, ne pourrait par là même, être dissociée de celle des conditions qui les rendent possibles.
Les insertions dans les principales sociétés d’accueil pour des populations continentales, qui ont souvent été des moments autorisant des différentiels plus substantiels de gains nominaux perçus par les immigrés, avec comme illustration les différentes arrivées en Europe de l’Ouest, se sont alignées sur des motivations variant selon les périodes.
Celles-ci, vont générer des flux de départ de potentiels travailleurs mobilisables dans l’immédiat comme en Belgique jusqu’en 1974, ou de profils hors critères communs dans des perspectives de regroupements familiaux72, d’un secours en vue d’une fidélisation de la main-d’œuvre, confrontée à un choix entre une sélectivité de l’immigration parfois réduite à des praticités fonctionnelles, et un alignement sur l’appétit désinhibé d’économies post-crise.
Ces mouvements en direction de ce territoire, qui n’excluront pas des retours encouragés auxquels succédera une émigration aux attributs changeants, notamment congolaise dans le cas cité, vont graduellement incorporer davantage de profils mieux instruits certes, mais révéler toutefois au début du XXIe siècle des cohortes composées de plus de 50 % d’individus sans parcours scolaires significatifs73.
Les intégrations économiques, rendues difficiles par des désavantages intrinsèquement liés à des caractéristiques de l’immigration, ont amenuisé considérablement des possibilités d’améliorer des conditions initialement déjà peu enviables.
Espérées meilleures du point de vue d’une migration éducationnelle74prenant de l’ampleur au fil des années, elles demeurent encore souvent peu fluides, et débouchent sur une exposition accrue à des risques de fragilité sociale, auxquels s’ajoutent des phénomènes de surqualification dans des emplois75, aux causes multiples et s’étendant à plusieurs groupes d’immigrés africains.
Cet état des choses, qui se révèle être peu porteur pour des mécaniques de soutien matériel à des populations non émigrantes, et qui se retrouve dans des sociétés d’accueil contingentes, fut tôt un marqueur de différentiation de l’insertion76.
Dans cette région comme dans d’autres, l’exigence de contribution au soutien de cercles de proximité affective, se fit régulièrement au détriment d’une stabilité sociale dans plusieurs cas non encore acquise77, en installant une pratique de la privation dépossédante, et la pérennisation de contributions individuelles ponctionnant parfois plus de la moitié de revenus perçus78.
Dans ces cadres économiques, l’absence de diplôme, d’une ossature familiale immédiatement disponible ou de formation professionnelle aussitôt valorisable, constituent des handicaps et représentent des obstacles majeurs à des perspectives d’amélioration des conditions de vie. Ces carences affectent de façon déterminante la position sociale des ménages constitués, et celle de descendants dans le cas d’une sédentarisation de l’immigration79, avec des trajectoires sociales nivelées par des plafonds d’accomplissement parentaux, qui restent malgré tout relativement infranchissables80.
La condition sociale de départ, régissant grandement la situation à l’arrivée dans le pays d’accueil que l’on soit sur le continent africain ou en dehors, y compris la propension à contribuer à la vie de la communauté de référence, influe sur des rentes conditionnant dans bien des cas le comportement d’assistance à la traduction monétaire régulièrement évoquée, et qui a en évoluant au fil du temps, naturellement reposé e.g. dans le cas de régions ouest-africaines, sur des parcours de travailleurs confrontés à des situations de fragilité excessive81.
Ces contributions financières, qu’une lecture préférentielle n’hésite pas à ramener à des proportions du revenu initial perçu par le migrant, ne peuvent en réalité satisfaire à une telle approche, participant à amoindrir en apparence la charge de l’effort solidaire, qui ne peut s’évaluer sans jauger l’accès à des revenus permettant d’envisager une vie décente82. Abaissant pour une frange importante des concernés le seuil de tolérance à l’humainement inacceptable, l’inconvenance de parallèles faits ne trouve là aucune réelle utilité dans l’appréciation de ce qui se joue au-delà d’une frénésie du chiffre, à travers cette socio-économie des expériences immigrées.
Vu d’un angle moins accommodant, l’idée d’investir comme socle d’une espérance collective, des circonstances qui sont aussi grandement dans la diversité de leurs causes, un résultat de configurations sociales d’une violence lancinante ressentie dans des vécus assujettis à une crainte d’échouer à atteindre une dignité du parcours sociétal, peut apparaître pour le moins inconvenante, sinon interrogerait le regard porté sur des problématiques persistantes dans différentes régions83, qu’elles soient sahéliennes ou localisées plus au Sud.
Dans un parallèle qui inverse la charge de la mobilisation des fonds, et se détache en apparence du caractère éminemment allogène de flux financiers alloués dans des déclinaisons d’une assistance tôt mise en œuvre et qui fit l’objet d’une littérature étendue84, prise au piège d’une colonialité paraissant inaltérable et d’un « missionarisme » trouvant écho localement, l’engouement pour l’idée d’un appui aux caractéristiques propices à susciter des affects d’une nature différente de ceux produits par ces dispositifs institutionnels, semble reposer sur les désormais notoires remises transfrontalières et transferts dits diasporiques.
Amalgamés dans un terme aussi usité qu’interprété de manière inappropriée, ces « remittances » qui ne sont pas assimilables stricto sensu à des envois de fonds de personnes expatriées tels que couramment supposé, par leur caractérisation alliant méthodologie statistique d’estimation et particularités de la structure des comptes nationaux concernés85, s’installent comme les ressorts d’une ferveur motivant diverses initiatives politiques et entrepreneuriales.
La prise en compte dans leur détermination, de spécificités dont le recours au concept de résidence, qui n’astreint pas les contributions prises en compte, au seul critère de la nationalité des individus qui en sont à l’origine, dans une approche estimative et quantitative de gains indirects de la migration, impose de dépasser d’attrayantes mises en comparaison stimulant des satisfactions proportionnelles à l’importance de la retranscription monétaire des flux considérés.
Elle oblige à des interprétations plus prudentes, qui ne pourraient éluder la comptabilisation de rémunérations et revenus assimilés, d’un volume significatif, à l’instar de celles engendrées par des mouvements saisonniers, ou imputables à des dépenses moins communes. Le caractère notable de mobilités dues à des obligations adossées à des motivations singulières par la nature et l’accessibilité des cadres qui les permettent, que l’on observe au niveau de plusieurs territoires86, en comparaison à celles principalement motivées par des raisons matrimoniales ou familiales87 souvent entrevues de prime abord, incite à un regard exhaustif et critique sur la diversité des flux pris en compte.
En sus, la minoration du poids d’éléments peu apparents dans la construction de réflexions accompagnant les données obtenues, participe à réduire la visibilité sur des caractéristiques sociodémographiques de groupes d’individus en situation de migration et de populations « diasporées », les décorrélant des niveaux atteints par les flux financiers ou transferts en nature comptabilisés.
Les raisons motivant les départs tout comme celles soutenant les retours que facilitent plus ou moins différentes variables88, confortent l’idée de terreaux continentaux souvent en difficulté. Ils peinent à favoriser le déploiement effectif, de cadres autorisant l’instauration de mesures recevant une adhésion suffisante et à mêmes de viser le dépassement d’objectifs relativement standard, en ciblant les moteurs d’une pauvreté multidimensionnelle persistante, afin de profiler des possibilités de progrès plus inclusifs et à une cadence idoine.
La décision de migrer est avant tout dans un nombre considérable de cas, loin de prismes fondés sur des théories de la migration euphémisant des réalités et décomplexifiant des interactions, une violence que l’individu s’inflige d’abord à lui-même. Le candidat à l’émigration, dans bien des configurations, est en proie à une incertitude éreintante du quotidien89 que ne résorbera point systématiquement le parcours dans le pays d’accueil90, produisant ou accentuant des fragilités91 au coût humain alarmant notamment pour des femmes92, éprouvant des humanités le plus souvent préalablement déchirées et construites dans des imaginaires empreints d’illusions93, que des travers de temporalités collectives n’épargnent point.
La rhétorique corrélant essors territoriaux et activités migratoires considérées par le truchement d’opportunités de gains économiques et sociaux, pose alors résolument problème en l’absence d’une considération plus prononcée d’externalités dont elles ne peuvent objectivement se défaire, et sans un intérêt à la hauteur de l’urgence des enjeux. Cet aphorisme, que l’on pourrait rapprocher d’une posture défendue par Piyasiri Wickramasekara94, installe un cadre de réflexion qui nous semble convenir à la criticité de risques en présence.
La diversité des configurations sociétales de départ que l’on retrouve dans un jeu complexe de déclencheurs, ne permet pas une homogénéisation des paramètres explicatifs. Elle contribue cependant à nourrir l’idée d’un chemin de vie alternatif dans un éloignement du foyer sociétal d’origine, et alloue différemment des éléments matériels rendant possible l’acte de migration95, distribuant inéquitablement pour les unités sociales, les chances de bénéficier d’éventuels revenus additionnels futurs.
De même, l’inégale répartition spatiale d’un accès aux acquis matériels et immatériels déterminant la qualité des conditions de vie, agit en partie sur l’accessibilité des dispositifs plus ou moins collectifs pouvant être mis en œuvre dans l’optique de les améliorer.
Dans le cas du Sénégal, en région de production rizicole, aussi demandeuse d’accroissement de capacités productives, l’on estimait a près de 90 %, les ménages non bénéficiaires de « remittances », contre 66 % au sein des autres régions96. Une tendance inégalitaire similaire à celle observée au Ghana, où tout en étant confrontée dans l’ensemble à une faible part des ménages bénéficiaires, la région d’Accra concentre la part la plus substantielle des revenus reçus97.
L’existence de transferts monétaires articulés autour du concept de résidence économique, repose en grande partie sur des inégalités de départ, tout comme celle de « transferts de fonds » émergeant d’une dialectique de l’individu fruit d’une itinérance donnée et de son milieux98, et ne se fait guère au détriment de cet état initial.
Par ailleurs, l’observation de tendances comportementales selon la diversité des contextes d’évolution, fait apparaître des postures non dénuées d’intérêt, révélatrices de situations dans l’emploi à l’évidence souvent peu reluisantes.
Ces spécificités se matérialisent e.g. par des contributions pécuniaires féminines, qui malgré des divergences de secteurs d’activité auxquels les migrantes peuvent prétendre comparativement à leurs homologues masculins – résultant d’iniquités sociales corrosives et persistantes – parviennent dans bien des cas à se démarquer en étant plus enclines à transférer des parts plus importantes de leurs revenus.
Ce phénomène expose des réalités migratoires à des conceptions erronées99, sans dépendre d’une féminisation de la migration. Celle-ci, fut observée à différentes échelles comme dans le cas de populations Igbo du Sud du Nigeria, au sein desquelles les femmes ont constitué sur une période importante, les principales vagues d’émigration entre autres vers des pôles urbains100, ou encore avec les importantes expatriations de jeunes éthiopiennes vers des régions du Moyen-Orient101. Ces individualités au féminin, sont ainsi pour des territoires, à l’origine d’une part substantielle des fonds perçus. Cela, sans en appeler au-delà d’une théorie de l’altruisme et d’implications sociologiques de leurs conditions (matrimoniales) initiales, à une systématisation de conclusions ou à une normativité de l’observable. Cette dernière étant en toute objectivité rendue impossible, en l’absence e.g. de la mesure des dépenses financées, qui préjuge d’une affectation de ces subsides102 dans des environnement pressurisés par des coûts prohibitifs, notamment dans le domaine éducatif.
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Cette variété de réalités, qui organisent la structure du projet d’émigration, influençant la répartition des dépenses selon l’origine des fonds alloués, et régissant leur destination e.g. dans le cas de ménages gérés par des mères isolées restées dans les pays de départ, est aux prises avec des logiques fortement genre-dépendantes103.
Il s’en suit une construction de schémas d’assistance, ne pouvant être réduits à une considération impersonnelle des mécanismes d’une sociologie du don. Ceux-ci, appellent à penser la complexité des implications de phénomènes, qui se retrouvent tiraillées entre une narrative surévaluant des impacts nonobstant des rôles avérés restant toutefois assez limités en termes d’impulsion de transformations structurantes104, et la mise en exergue d’insuffisances actuelles inséparables dans leurs effets, façonnant des cadres sociétaux déjà confrontés à des problématiques pesantes aux répercussions s’inscrivant dans le long terme.
La question, ne serait alors pas celle de l’importance plus qu’évidente de revenus additionnels perçus par des ménages, qui complètent des capacités restreintes de consommation, en autorisant des dépenses incompressibles touchant à des commodités essentielles, mais celle de l’existence de préalables, à des usages dépendant d’exigences organisationnelles locales et de cadres relationnels forgés par des communautés d’assistance105, et à la résorption de fragilités sur lesquelles se bâtissent des horizons faits de vulnérabilités minorées.
Les fractions de revenus qui parviennent aux ménages, dans le contexte d’une part substantielle d’économies régionales et de collectivités, se font souvent en ponctionnant grandement et relativement davantage des revenus de populations issues de milieux moins favorisés, insérées délicatement dans des tissus économiques, avec une incertitude quant à un usage dépassant des dépenses standard. C’est-à-dire sans une véritable affectation à de l’investissement au sens usuel du terme, comme le font observer également Jonathan Crush et Mary Caesar106.
Cela permet par extension, de s’interroger sur les choix qui s’offriraient à la fois à des individus émetteurs et destinataires d’« allocations », dans des configurations qui les exposeraient moins à des phénomènes menaçant une amélioration de leurs conditions de vie, source d’un accès mélioratif à un capital matériel et social d’une aide transgénérationnelle et aux applications nombreuses.
L’élargissement du panorama des contributeurs, à des profils afro-descendants antérieurement moins enclins à influer directement sur le niveau de ces « remittances » affluant vers l’Afrique subsaharienne, potentiellement tournés de façon plus accentuée vers de l’investissement avec un effet espéré de réduction du coût du capital pour des territoires, et qui laisserait envisager une considération romancée d’attaches, ne saurait procéder du même schéma d’assistance et ne pourrait que difficilement s’extirper d’un cadre de relations humaines, prises dans l’étau de rationalités traversées par des logiques marchandes à la légitimité ne pouvant être ici pleinement contestée.
Ces nouvelles initiatives, qui ne s’insèrent pas dans une continuité de pratiques sociales, contrastent par les moteurs des flux financiers qui en émanent, avec d’autres plus ou moins spontanées, entretenues par des proximités bâties sur des liens éprouvés par le temps avec ce qu’ils impliquent comme logiques107 et exigences.
L’impact des « remittances » sur l’essor de sociétés africaines, est résumé à maintes reprises par celui qu’elles exercent sur la croissance réelle du produit intérieur brut108, notamment par le biais du secteur tertiaire109.
Les effets débridés de ces contributions sur la libération de capacités productives110, qui ne sont nullement une réalité sans équivoque, et l’incapacité de cet agrégat à retranscrire des réalités en termes de distribution des inégalités111, ou encore de spatialisation de la captation du produit de l’effort, rendent inappropriée toute extrapolation à partir d’observations de ses variations positives sous sa forme déflatée112, qui s’exempteraient d’un regard sur les cadres épistémiques opérants, et feraient abstraction de la complexité de dynamiques observées.
Les processus mobilisés par l’acte migratoire et ses corollaires, peinent à être restitués par des rationalismes contemporains qui tendent à subordonner sélectivement à la croissance économique dans sa définition la plus usitée, une mesure de la performance pensée dans une transversalité inappropriée de ses applications, sans une connexité avec un partage de possibilités113 et celui de la valeur. Un exercice dans lequel excellent d’autres catégories de flux tels que les Investissements directs étrangers, qui doivent leur dénomination à la nature hautement capitalistique de leurs finalités principalement circonscrites au contexte de l’actionnariat de la firme114. Ces derniers, qui n’impliquent pas nécessairement des financements d’activités à l’échelle des ménages, tiennent notablement de leur intimité avec de pans de l’ingénierie financière, des limites que notent également Folasade Adegboye et Emena Okorie115, ainsi que leur capacité à influer sur des mesures statistiques qui y sont structurellement sensibles, engendrant des lectures contextuelles et générant des philosophies politico-économiques qu’un dogmatisme sans-frontières essaime.
L’enjeu, s’il en existe un nécessitant une attention particulière, ne viserait point la quête d’une infirmation ou d’une affirmation quant à la positivité de l’impact de transferts diasporiques sur les vies de populations locales dans leur diversité, abstraction faite de la pluralité de configurations sociétales existantes mettant en évidence des coûts humains non interrogés.
Entrevus parfois comme une manne financière requérant une optimalité de l’usage, cette approche courante et réductrice, voire infantilisante, participe à nier la réalité de ressources adossées à des motivations préalables, suscitées par des besoins préexistants qui s’articulent avec des aspirations résonnant par la profondeur de ce qu’elles révèlent, dépassant le seul témoignage du chiffre.
L’immigré qui en est à l’initiative, est en définitive investit contre son gré, comme l’artisan d’un développement qui dans son interprétation la plus entière, ne saurait être fonction de rentes capturées dans une expurgation de leur essence.
Ainsi, à l’amélioration de cadres sociaux et économiques locaux, permise par un endiguement à la source d’insuffisances inhibant des marches qualitatives et structurantes, ne peut être substituée en partie, une intensification de la réception de fonds de provenance exogène alimentée par une pratique vulgarisée, celle d’une perception dépouillée de ces dernières, réduites à d’ordinaires valeurs comptables.
Dans ce jeu de circulation transfrontalière de produits du labeur, l’on revient à des conditionnalités régulièrement silencées par des élans discursifs, dont dépendent la portée d’opérations empreintes d’une nature qui se révèle sans grand mal, à partir d’un regard idoine porté sur les déterminants de leurs fluctuations116.
Il ne serait alors quoiqu’il soit fréquent de l’observer, point véritablement judicieux de tenter un parallèle objectif entre l’assistance publique au développement, des opérations en capital ou d’un intérêt stratégique autre pour des firmes, et les montants agrégés de sommes ou dons en nature transférés par des émigrés, pourvoyeurs manifestes.
La désormais centralité occupée dans des pensées qui s’expriment, dont bénéficie l’idée de populations expatriées contributrices de choix, tant sur le continent – connaissant des accès réguliers de nativisme et de xénophobie plus ou moins caractérisée117 – que hors de ses frontières, catégorie élevée au rang de source privilégiée de financements dont la désirabilité dépasse le seul cadre des ménages en quête de soutien, ébauche les contours de nouvelles postures qu’il paraît nécessaire de considérer avec du recul.
Il conviendrait par conséquent, de percevoir hormis les éléments glanés par de familières considérations faisant intervenir un apport diasporique teinté d’un soupçon de messianisme, des particularités essentielles et la nature précarisante de déterminants liés.
Les sociétés africaines, au travers des évolutions qui s’imposent à elles, qu’elles soient à l’origine de mutations sociales, d’une reconfiguration de paradigmes économiques, ou fondées sur des éléments qu’un mondialisme des pratiques et des considérations entretient, au gré des décennies semblent ne pas réussir à échapper à des formes discursives d’un enthousiasme paraissant moins prometteur que fragilisant.
Le champ réflexif s’installant autour du phénomène migratoire, qui sans nul doute a contribué à structurer sur des périodes considérables, des relations de communautés territoriales les unes aux autres dans des rapports non exempts de conflictualités, tend à décomplexifier des matrices d’évolution et l’hétérogénéité des interactions qu’elles suscitent. À celles-ci, se substituent sans grande hésitation des promesses de gains significatifs tirés de la captation du produit de situations migratoires réduites à des paramètres considérés sous l’angle d’un utilitarisme, drainant l’ensemble de ses insuffisances et des risques auxquels il expose.
Les attentions cristallisées par la « manne » apparue progressivement avec l’établissement de circuits migratoires pérennisés ou à la croissance soutenue, qui noient dans des approches cumulatives insuffisamment interrogées, des disparités d’accès à des revenus autorisant une décence de l’existence en environnements souvent hostiles, appelle à interroger des processus d’insertion de communautés d’immigrés africains, indépendamment de leurs terres d’accueil.
Ces remises transfrontalières, qui s’apparentent davantage dans de nombreuses configurations à de menus revenus glanés au prix de concessions disproportionnées compte tenu de conséquences frappant des humanités, rapportées à la réalité d’expériences humaines mises en sourdine, ne sauraient être outre mesure le point de départ d’une disruption enthousiasmante.
La non considération à des niveaux suffisants, au sein des différents espaces géographiques africains, d’éléments fondamentaux définissant les comportements migratoires, participant de façon notable à forger l’essence des communautés expatriées, dans une approche se voulant holistique par la confrontation au caractère impérieux des fragilités accumulées au fil des décennies, accroît des risques déjà multiples. Elle implique nécessairement un questionnement de la viabilité de choix et de postures, face à des manifestations sociales et économiques émergeant localement, et qui ne peuvent être considérées sans une mise en perspective avec des conditionnalités, subordonnées à des politiques extra-nationales et des desideratas sur lesquels les foyers d’origine n’ont que peu de contrôle.
L’élément diasporique réinvesti comme un outil au service du développement de territoires, qui intègre indispensablement la diversité des transnationalismes, ne peut ignorer l’insertion inévitable dans une temporalité étendue qui façonne des perceptions mutuelles.
Il apparait ainsi dans le registre de ses interactions suscitées, non pas comme un acquis dispensant de préalables en faisant fi de la complexité de relations plurielles établies, prises dans leur entièreté, et de la teneur des liens qui relient des communautés dans leur marche au fil des générations, mais comme le fruit d’une construction élaborée. Elle est celle d’une exigence de contributions aussi institutionnelles, à la construction ou la consolidation d’édifices communs, en dépit de la formidable capacité d’un mot à générer des affects structurant la perception de possibles, qui à eux seuls ne sauraient présager de la qualité et du type de dynamiques pouvant en découler.
Par Aidy
- L’accès à des ressources d’un volume atteignant un niveau critique, permettant le financement d’activités notables, a pendant longtemps été hors de portée des colonisés les plus nombreux, qu’ils soient issus de l’autochtonie ou de contingents de travailleurs immigrés en provenance de territoires africains ou moyen-orientaux. Voir les lignes ci-dessous, abordant la question des conditions de vie de colonisés et des revenus perçus par les travailleurs.[↩]
- À titre d’exemple, il sera instauré à la fin du XIXe siècle, un tarif de 100 francs pour droit de passeport, et un cautionnement borné à 40 000 francs. Celui-ci, avec y compris des mesures additionnelles prises par les autorités administratives et ciblant également l’activité de ces sociétés dites d’émigration, imposera des règles de gestion des coûts ne pouvant difficilement épargner les candidats à la mobilité longue distance. Voir la réglementation du travail indigène dans les colonies, et les lois du travail industriel ainsi que le relation entre les bureaux de placement et les ouvriers. cf. Bry, G. (1912). Cours élémentaire de législation industrielle: lois du travail industriel et de la prévoyance sociale, questions ouvrières. France: L. Larose et L. Tenin.[↩]
- Reynaud-Paligod, C. (2021). L’école aux colonies: Entre missions civilisatrice et racialisation (1816-1940). (n.p.): Champ Vallon.[↩]
- Outre l’emprise exercée par le fait colonial sur le quotidien des colonisés, conférant une dimension que l’on pourrait qualifier de psychologique aux migrations, l’existence de populations fuyant des chefs locaux acquis à la cause coloniale, ouvriers du regroupement de main-d’œuvre que facilitèrent la logique de protectorat (Fall, 2009), est une donnée à prendre en compte. La concupiscence de figures d’autorités locales, s’explique en partie par une dépendance financière et par une subordination construite dans un différentiel de moyens de coercition. Un fait que rapporte Romain Tiquet dans le cas de l’A.O.F., dans un contexte de politique concessionnaire. cf. Tiquet, R. (2019). Travail forcé et mobilisation de la main-d’œuvre au Sénégal: années 1920-1960. France: Presses universitaires de Rennes.[↩]
- Celle-ci, fut incarnée e.g. par une série de décrets, et non pas par un recueil de textes. Celui du 25 mai 1881, « relatif à la répression, par voie disciplinaire, des infractions spéciales aux indigènes de la Cochinchine », inspirera des mesures instaurées plus tard e.g. en A.O.F.. cf. Singaravélou, P. (2023). Colonisations: Notre histoire. Seuil.[↩]
- Cette légalisation de l’arbitraire, donnera la possibilité en dérogeant à des principes de base, de prononcer des jugements de façon expéditive, avec nombre d’excès reposant aussi sur des considérations relatives aux indigènes, comme celle-ci : « la prison, ce n’est pas une peine pour eux mais une récompense, le suprême bonheur pour lui de vivre dans l’oisiveté ». Cela, dans un cadre soumettant déjà le colonisé à un grand nombre de violences. Pour plus de détails, voir, Fabre, M. (2010). L’indigénat: des petites polices discriminatoires et dérogatoires. Le juge et l’Outre-mer, 5, 273-310.[↩]
- Différents textes, ont organisé les déplacements des personnes en quête d’emplois, à l’intérieur des empires coloniaux, comme l’arrêté du 13 mai 1928, mentionnant notamment l’obligation de détention du livret d’identité pour sortir de sa colonie (cf. Rodet, M. (2009). Les migrantes ignorées du Haut-Sénégal: 1900-1946. France: Karthala.). Voir également, Célérier, J., & Cholley, A. (1928). La réglementation de l’émigration des indigènes en Afrique Occidentale Française. In Annales de géographie (Vol. 37, No. 210, pp. 568-570). Persée-Portail des revues scientifiques en SHS.[↩]
- Avec y compris les cas de protestations face à de multiples taxes cumulatives, impliquant celles afférentes au portage. Voir par exemple, Chauvaud, F. (Ed.). (2015). Histoires de la souffrance sociale: XVIIe-XXe siècles. Presses universitaires de Rennes.[↩]
- La construction du chemin de fer Abidjan-Niger, débutée au début des années 1900, fut un exemple parmi d’autres, de chantier majeur gourmand en bras valides, capturant des milliers de vies humaines. cf. Jean-Pierre, K. A., Ferdinand, T., Loba, A. D. F. V., Kouadio, A. M., & Chikouna, C. (2019). Planification urbaine et développement du Grand Abidjan: Cas des villes d’Anyama, de Bingerville et de Grand-Bassam. (Doctoral dissertation, Université Félix Houphouët Boigny Abidjan-Cocody).[↩]
- Les travaux du chemin de fer Congo-Océan, mobilisèrent une main d’œuvre estimable à plus de 100 000 individus, aussi dans d’affreuses conditions, à l’intérieur de régions relativement peu peuplées. Le Moyen-Congo selon l’estimation Adolphe Cureau, qui situait sa densité démographique à 2 habitants/km², en est un exemple. Cette estimation peu affinée, mais toutefois moins exubérante que d’autres, comme le note entre autres Coquery-Vidrovitch, permettrait d’envisager des tensions coloniales quant à la disponibilité d’ouvriers mobilisables dans la région. cf. Soret, M. (1978). Histoire du Congo: capitale Brazzaville (Vol. 12). Berger-Levrault.[↩]
- L’on a le cas des Kroumen de Côte d’Ivoire, que l’on a ainsi pu retrouver enrôlés à des milliers de kilomètres de leurs terres de naissance, dans des zones portuaires, sur des flottilles ou dans des expéditions coloniales les conduisant aussi bien au-delà des mers que vers les extrémités de l’empire. cf. Documents pour servir à l’histoire de l’Afrique équatoriale française: Brazza et la fondation du Congo français. Deuxième série. France: Mouton & Company, 1969 ; Briault, M. (1945). Sur les pistes de l’AEF. France: Alsatia. Ceux-ci, forts appréciés par le colonisateur comme main-d’œuvre, vont devenir en quelques décennies des travailleurs de choix, dans des conditions toutefois souvent bien difficiles.[↩]
- Gary-Tounkara, D. (2008). Migrants soudanais/maliens et conscience ivoirienne (p. 343). L’Harmattan.[↩]
- Charnay, J. (2017). Les Syro-Libanais en Afrique Occidentale Française (AOF) des années 1880 à 1939. Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, (142), Vol-142. https://doi.org/10.4000/remmm.9745[↩]
- Voir aussi, Bennafla, K. (2002). Le commerce frontalier en Afrique centrale: acteurs, espaces, pratiques. Karthala Editions. pp. 138-145.[↩]
- Ottomanes et occidentales, dans le cas de la région allant de l’Asie mineure à la Mésopotamie.[↩]
- Administrateur britannique, Gouverneur du Nigeria, entré à la Royal Niger Company en 1894, et à qui la paternité de l’« Indirect Rule » est attribuée.[↩]
- Le sujet de l’organisation en réseaux et de l’activité des colporteurs dans le cadre des migrations économiques vers les territoires les plus en vue, fut crucial dans la politique coloniale notamment observée au Congo. cf. Mirembe, O. K. (2005). Echanges transnationaux, réseaux informels et développement local (No. 482). Presses univ. de Louvain, 60-78.[↩]
- Le foncier fut naturellement dans ce cadre réinventant la logique de propriété, source de nombreuses conflictualités. Voir par exemple, Bonnecase, V. (2001). Les étrangers et la terre en Côte d’Ivoire à l’époque coloniale. Montpellier, IRD, Travaux et Documents RÉFO, (2).[↩]
- Kibayu, M. L. (2008). La typologie des quartiers dans l’histoire du développement de Léopoldville-Kinshasa en République Démocratique du Congo.[↩]
- La volonté d’homogénéisation d’activités économiques voulue par l’administration coloniale, dans le cas de la région d’Abidjan en Côte d’Ivoire, conduisit à l’accroissement d’une économie de rente agricole, voyant la participation de locaux à des activités agricoles. « Les entreprises existantes utilisent une main-d’œuvre importée pour ainsi dire. La Haute-Côte et le Soudan sont riches en hommes qui s’expatrient volontiers et descendent sans but défini, soit isolément, soit par groupes, jusque dans la région maritime […] Depuis l’année 1908 et sous les auspices de l’administration qui fournit les semences, les indigènes se sont mis à planter, à raison de quelques centaines de plants par village, le cacaoyer qui rencontre à la Côte d’Ivoire un milieu excessivement favorable. ». cf. Guide du commerce et de la colonisation à la Côte d’Ivoire. (1911). France: Office colonial.[↩]
- Voir par exemple, Goerg*, O. (2006). Domination coloniale, construction de «la ville» en Afrique et dénomination. Afrique & histoire, (1), 15-45. https://doi.org/10.3917/afhi.005.45[↩]
- Le phénomène du squat, fut observé de façon relativement importante aux abords de pôles d’activités économiques dans l’Afrique dite française (A.O.F. et A.E.F.), jusqu’au Kenya. cf. Coquery-Vidrovitch, C. (1988). Villes coloniales et histoire des Africains. Vingtième siècle. Revue d’histoire, 49-73. https://doi.org/10.3406/xxs.1988.2795[↩]
- L’évaluation de l’attractivité de territoires coloniaux, se vit e.g. avec le cas de la Haute-Volta. Cette colonie, créée à partir de celle du Haut-Sénégal en 1919, pourvoyeuse de main-d’œuvres, fut le terrain d’expérimentation d’une politique de culture obligatoire du coton débutée en 1924, afin dira-t-on de la rendre « viable » économiquement. Cette initiative, au prix de pratiques coercitives, donna en partie satisfaction au pouvoir colonial, en conduisant à une production commercialisée multipliée par 9 au bout de la sixième campagne agricole, soit celle de 1928-1929. L’insoutenable coercition atteindra ses limites, et de nouvelles postures n’empêcheront pas le déclin de la production, débouchant sur 142 tonnes commercialisées en 1932 (contre 4 248 tonnes sur la campagne 1929-1930). La colonie sera dissoute la même année. Lire par exemple, Schwartz, A. (1993). Brève histoire de la culture du coton au Burkina Faso.[↩]
- En référence à Albert Sarraut, Ministre des colonies, un théoricien de la présence coloniale en Afrique et en Asie. cf. Guy, C. (1923, May). La mise en valeur des colonies françaises. In Annales de Géographie (Vol. 32, No. 177, pp. 265-271). Armand Colin. https://doi.org/10.3406/geo.1923.9946[↩]
- Programme centralisé d’accompagnement aux développement d’activités, notamment par des allocations de fonds aux colonies britanniques. Il consista en des aides soumises au vote parlementaire, avec des avances faites par le Trésor en collaboration avec le Secrétariat d’Etat aux colonies et sous recommandation du Comité de conseil au développement colonial. Il fut un outil destiné également à appuyer les initiatives coloniales au niveau des gouvernements locaux.[↩]
- Le Portugal face aux actions françaises et britanniques dans les territoires impériaux conquis sur le sol africain, et sa dotation différente en termes de capitaux à investir pour tirer profit des terres colonisées, eut recours à des fonds provenant de divers pays, afin de servir à un grand nombre d’investissements notamment en Angola. Ce fut le cas pour la réalisation du chemin de fer de Benguela ou encore du port de Lobito. cf. Messiant, C. (2006). 1961: l’Angola colonial, histoire et société: les prémisses du mouvement nationaliste. Basler Afrika Bibliographien.[↩]
- Lire par exemple, Coquery-Vidrovitch, C. (1983). Investissements Privés, Investissements Publics en AEF, 1900-1940. African Economic History, 12, 13-31. https://doi.org/10.2307/3601314[↩]
- Voir par exemple, les départs de membres de communautés étrangères à des colonies, comme le cas de dahoméens entre 1955 et 1965 en Côte d’ivoire et ailleurs en A.O.F., à la suite d’oppositions locales à une présence souvent interprétée comme s’inscrivant dans le prolongement du colonialisme occidental. cf. Bonzon, S. (1967). Les Dahoméens en Afrique de l’Ouest. Revue française de Science politique, 17(4), 718-726.[↩]
- Dans les colonies françaises notamment, la question des moyens financiers fut cruciale compte tenu des structures initiales portant l’œuvre expansionniste, et de la capacité à supporter des investissements importants en matière de défense et de négoce. L’on pourrait évoquer les profils d’individus appartenant aux premiers corps expéditionnaires et le caractère limité de moyens allouables, une contrainte qui s’est tôt révélée particulièrement handicapante e.g. dans le cas de la région du Saint-Louis et du Sénégal. Au XVIIIe siècle, l’on notait déjà une récurrence de la problématique du maintien d’établissements de commerce hexagonaux, face à d’autres velléités conquérantes occidentales mieux structurées. La guerre de Sept Ans pourrait être perçue dans ce cas, comme un révélateur intéressant de ces limites.[↩]
- Une expression utilisée dans un sens similaire à celui conféré par Delmas-Marty, dans son ouvrage. cf. Delmas-Marty, M. (2009). La Refondation des pouvoirs.: Les Forces imaginantes du droit, 3. (n.p.): Editions du Seuil.[↩]
- La définition de la diaspora choisie e.g. par le Forum mondial sur les migrations et le développement (cf. Global Forum on Migration and Development (2008). Table ronde 1: Migrations, développement et droits de l’Homme.), similaire à celle prônée par L’Union africaine, desquelles l’on peut voir se dégager une appartenance diasporique conditionnée et aux orientations non interrogées, contraste par des éléments fondamentaux qui en découlent, comme le caractère « volontaire » de l’implication des individus sur le territoire continental, avec la nature de processus structurant intervenant en amont et en aval de la trajectoire émigrée.[↩]
- Observer les contours de l’installation de plusieurs immigrés originaires du Sénégal, entre autres en Emilie-Romagne, et différentes dimensions de la construction communautaire. cf. Riccio, B. (2000). Senegalese transmigrants and the construction of immigration in Emilia-Romagna (Italy) (Doctoral dissertation, University of Sussex).[↩]
- Voir entre autres, la loi (Foschi) n° 943 du 30 décembre 1986, notamment sur l’immigration clandestine ; et la loi (Martelli) n° 39 du 28 février 1990, encadrant dans l’urgence le droit d’asile, l’entrée sur le territoire, et la régularisation de migrants.[↩]
- Se référer à la situation économique dans des régions d’Italie et aux questions liées. cf. Baici, E., & Casalone, G. (2005). Has human capital accounted for regional economic growth in Italy? A panel analysis on the 1980-2001 period.[↩]
- Riccio, B. (2006). «Transmigrants» mais pas «nomades» Transnationalisme mouride en Italie. Cahiers d’études africaines, 181(1), 95-114.[↩]
- del Lavoro, I. M. (2022). Ministero del lavoro e delle politiche sociali, La comunità senegalese in Italia, Rapporto annuale sulla presenza dei migranti.[↩]
- « Elders of the diaspora tend to stress how younger migrants are more unruly and less prone to contribute to the collection of money organised by associations […] For their part, younger members of the diaspora I met consider the modou modou generation a “privileged one”, that still managed to have access to good jobs, permanent contracts, and less strict migrant policies, while they often face more precarious social and economic conditions that prevent them achieving the markers of a successful migratory trajectory. » cf. Gardini, M. (2022). The aging senegalese diaspora in Milan: successful models, return trajectories, and challenges of elderly people between Senegal and Italy. The aging senegalese diaspora in Milan, 1-14.[↩]
- Riccio, B., & Uberti, S. D. (2013). Senegalese migrants In Italy: Beyond the assimilation/transnationalism divide. Urban anthropology and studies of cultural systems and world economic development, 207-254.[↩]
- Voir par exemple, Odunsi, B. A. (1996). An analysis of brain-drain and its impact on manpower development in Nigeria. Journal of Third World Studies, 13(1), 193-214.[↩]
- L’on aura durant la fin du XXe siècle, le cas d’universitaires et de scientifiques originaires du Zimbabwe, et mobilisés en Afrique du Sud. cf. Logan, B. I. The Reverse Transfer of Technology from Sub-Saharan Africa: Some Lessons from a Preliminary Assessment of the Zimbabwean Case.[↩]
- Adwere-Boamah, J. (1972). The Development of Universities in Nigeria by Nduka Okafor London, Longman, 1971. Pp. x 214. The Journal of Modern African Studies, 10(3), 496-498.[↩]
- Mesurer une performance collective de minorités, sans un regard sur les processus de constitution, peut conduire à surévaluer des dynamiques observées. Celles-ci, se rationalisent par une approche sociologique des communautés, et en partie en rapportant des phénomènes observés à des réalités des terreaux d’origine.[↩]
- Egbetokun, A., Olofinyehun, A., Sanni, M., Ayo-Lawal, A., Oluwatope, O., & Yusuff, U. (2022). The production of social science research in Nigeria: status and systemic determinants. Humanities and Social Sciences Communications, 9(1), 1-9.[↩]
- Lire par exemple, Anekwe, P. N. (2008). Characteristics and challenges of high-achieving second-generation Nigerian youths in the United States. Western Connecticut State University.[↩]
- Pour l’évolution des mouvements migratoires dans ce pays, voir par exemple, Durand, J., & Breña, M. O. (2010). The Peruvian Diaspora: Portrait of a Migratory Process. Latin American Perspectives, 37(5), 12-28. https://www.jstor.org/stable/25750407[↩]
- Voir des impacts de la libéralisation de l’économie entreprise dans les années 1980. cf. Pastor, M., & Wise, C. (1992). Peruvian Economic Policy in the 1980s: From Orthodoxy to Heterodoxy and Back. Latin American Research Review, 27(2), 83-117. https://www.jstor.org/stable/2503750[↩]
- Le Pérou fut une terre d’accueil pour de nombreux européens, parmi lesquels des espagnols qui au-delà de l’assujettissement par le fait colonial, vont faire perdurer ce territoire comme une destination prisée d’expatriation. L’on retrouvera hormis la cohorte d’ascendance africaine tôt utilisée comme force de travail esclavagisée, des travailleurs originaires de Chine, sommairement désignés par le terme « coolie », mobilisés également pour des objectifs productifs notamment au XIXe siècle. cf. Paerregaard, K. (2008). Peruvians dispersed: a global ethnography of migration. Lexington Books[↩]
- Traduisible par « Grand Viêt », elle est l’entité politique existant après l’émancipation de la domination chinoise visible déjà des siècles auparavant, avec le royaume du Nam Viêt (le terme « Nam », utilisé ici en référence à des terres méridionales) dirigé par Zhao Tuo, qui fut un général chinois. Le « Grand Viêt » sera sur une longue période, sous l’influence des familles Trinh au Nord et Nguyễn au Sud, et changera de dénomination sous le règne de l’empereur Nguyễn Phúc Ánh (Gia-Long) après unification actée en 1802. La dénomination retenue sera Viêt Nam.[↩]
- Le Viêt Nam contemporain, a connu également durant différentes périodes une importante immigration en provenance de Chine, parallèlement à d’autres flux plus modestes venant pays voisins. Celle-ci, marquée par des fluctuations, fut aussi influencée par l’attractivité d’activités productives, dont celle liée au riz. Ces flux migratoires, atteindront également d’importantes proportions entre 1930 et 1950, sous la pression de conflits armés comme la guerre sino-japonaise. Voir par exemple, Stern, L. M. (1985). The overseas chinese in Vietnam, 1920-75: Demography, social structure, and economic power. Humboldt Journal of Social Relations, 12(2), 1-30. https://www.jstor.org/stable/23262585[↩]
- Voir par exemple, Cường, N. T. (2015). The Promotion of Confucianism in South Vietnam (1955-1975) and the Role of Nguyễn Đăng Thục as a New Confucian Scholar. Journal of Vietnamese Studies, 10(4), 30-81. https://www.jstor.org/stable/26377891[↩]
- Keith, C. (2019). The First Vietnamese in America. Sojourn: Journal of Social Issues in Southeast Asia, 34(1), 48-75. https://www.jstor.org/stable/26594524[↩]
- Hemery, D. (1975). Du patriotisme au marxisme: l’immigration vietnamienne en France de 1926 à 1930. Le Mouvement Social, 90, 3-54. https://doi.org/10.2307/3807166[↩]
- Voir par exemple, le cas des indochinois mobilisés de force dès 1940 et ayant servi notamment par la contrainte le pouvoir de Vichy, avant d’être rapatriés à la fin de la guerre. cf. Daum, P. (2017). Immicondugrés de force: les travailleurs indochinois en France (1939-1952). Éditions Actes Sud.[↩]
- Traduisible par « S’expatrier pour se nourrir ». Se référer aux déterminants de l’émigration, et aux conditions d’insertion au sein de la société française, notamment dans les années 1970 pour des vagues migratoires vietnamiennes. cf. Lê, H. K. (1985). Les Vietnamiens en France: insertion et identité: le processus d’immigration depuis la colonisation jusqu’á l’implantation des réfugiés. L’Harmattan.[↩]
- L’intégration réussie de populations immigrées, qu’elles soient assimilées aux « Viet Kieu » ou ayant quitté le territoire d’origine pour des raisons inhérentes à d’autres problématiques ou aspirations, ne saurait être considérée comme entièrement bénéfique, dans l’analyse de dimensions psychosociales mise en jeu. Voir par exemple, Shapiro J, Douglas K, de la Rocha O, Radecki S, Vu C, Dinh T. Generational differences in psychosocial adaptation and predictors of psychological distress in a population of recent Vietnamese immigrants. J Community Health. 1999 Apr;24(2):95-113. https://doi.org/10.1023/a:1018702323648. PMID: 10202690.[↩]
- Gubry, P. (2000). Population et développement au Viêt-nam. Karthala Editions.[↩]
- Kula, S. M., Tran, V. Q., Garcia, I. E., Saito, L. E., & Paik, S. J. (2021). Vietnamese Americans. Journal of Southeast Asian American Education & Advancement, 16(1), 1-25. https://doi.org/10.7771/2153-8999.1201[↩]
- Voir la politique d’asile étasunienne, matérialisée dans les débuts par la « Special Interagency Task Force for Indochina Refugees » initiée le 18 avril 1975, consécutivement à la victoire des forces communistes.[↩]
- Valverde, K. L. C. (2012). Transnationalizing Viet Nam: Community, culture, and politics in the diaspora. Temple University Press.[↩]
- Sahoo, A. K. (Ed.). (2022). Routledge Handbook of Asian Transnationalism. Taylor & Francis.[↩]
- Le phénomène d’émigration dans ce pays, reposa considérablement sur une classe moyenne et non sur des masses actives ou non, évoluant principalement en milieu rural. Voir par exemple, Takenaka, A., Paerregaard, K., & Berg, U. (2010). Peruvian migration in a global context. Latin American Perspectives, 37(5), 3-11.[↩]
- Voir par exemple, Yéo, S. (2021). La mobilité sociale en Afrique, une alternative à l’immigration clandestine. Lecture Kantienne. Perspectives philosophiques, 44-61.[↩]
- Devillard, A., Bacchi, A., Noack, M. (2016). Enquête sur les politiques migratoires en Afrique de l’Ouest. (n.p.): International Centre for Migration Policy Development.[↩]
- Voir un usage premier de l’expression « Brain drain ». cf. Discussions Chambre des Lords cf. Official report, House of Lords, 27th February, 1963 ; vol. 247, c. 87-89[↩]
- Les coûts supportés tout au long de différents cycles de formation scolaire par les États concernés, sans pouvoir tirer profit de produits générés au travers d’un capital humain accessible, notamment par des difficultés d’absorption, de transparence concernant des mécanismes de sélection, ou de valorisation du résultat de l’accomplissement académique, se répercutent en des pertes conséquentes dont la récurrence établit l’existence de déterminants insuffisamment ciblés. Ces coûts qui pour l’étudiant, ont souvent été plus de 100 fois supérieurs à ceux afférents à la formation d’un élève du primaire, font de la région subsaharienne, la plus inégalitaire en matière de ratio de distribution de dépenses éducatives, mais témoignent aussi de pertes d’une dimension très importante, adossées à des problématiques endogènes. cf. Darvas, P., Gao, S., Shen, Y., & Bawany, B. (2018). Enseignement supérieur et équité en Afrique subsaharienne: Élargir l’opportunité au-delà de l’élite. World Bank Publications.[↩]
- Rapportées au Revenu national brut (RNB) qui procède d’une logique comptable particulière, les Aides publiques au développement représentent des proportions maitrisées voire minimes pour les donateurs. Concernant l’ensemble des bénéficiaires africains et non africains y compris la Chine, cette assistance représente un part qui oscillent entre 0,1 % et 1 % du RNB, et entre 0,5 % et 1 % du RNB pour les huit principaux donateurs. cf. Coopération pour le développement 2023: Quel système d’aide pour demain ?. (2023). France: OECD Publishing.[↩]
- La notion d’actualisation, utilisée dans le cadre de la caractérisation du montant de l’aide au développement, est en partie liée à la détermination de la libéralité exprimée en pourcentage (%) du montant octroyé. Elle vise à déterminer en tenant compte de la perte de valeur de l’argent dans le temps, la part du montant pouvant être considérée comme offerte.[↩]
- Dans le cas de la France, un contributeur majeur, la mission dite d’Aide publique ainsi que les programmes 110 et 119 (Aide économique et financière au développement ; et Solidarité à l’égard des pays en développement) s’établissaient au cumul en termes de crédits de paiement à 11,69 milliards € pour 2023. cf. Assemblée Nationale, Rapport n°337, 2022. Un montant non négligeable dans la répartition des crédits de paiement ouverts par mission pour la même année. cf. Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, Loi de finance initiale, Budget de l’État voté pour 2023. Dans la situation du principal donateur, les dépenses afférentes à l’assistance économique se déclinent dans une relative complexité du maillage organisationnel, allant du sanitaire à la résolution de conflits, pour un montant cumulé demandé par le Congrès pour l’année 2023, supérieur à celui des engagements du Bureau des études élémentaires et secondaires pour la même année fiscale. cf. Congressional Budget Justification Department of State, Foreign Operations, and Related Programs-Fiscal Year 2023.[↩]
- Voir par exemple, Adamson, F. B., & Tsourapas, G. (2019). Migration diplomacy in world politics. International Studies Perspectives, 20(2), 113-128. https://doi.org/10.1093/isp/eky015[↩]
- Voir par exemple, Sénat, Projet de loi de finances pour 2023 : Aide publique au développement, Rapport général n° 115 (2022-2023), tome III, annexe 4, déposé le 17 novembre 2022.[↩]
- Durant la décennie 2000, la situation de précarité engendrée par la baisse en volume des envois de fonds depuis la Côte d’Ivoire, conduisit à un accroissement de la pauvreté pour des ménages au Burkina Faso. Ce qui permet également de percevoir la grande vulnérabilité et une propension à dépendre de ces appuis, observée dans le cas des ménages les plus précaires (Voir études sur les impacts selon les quartiles de revenus). cf. Lachaud*, J. P. (2005). Crise ivoirienne, envois de fonds et pauvreté au Burkina Faso. Revue Tiers Monde, (1), 651-673. L’on retrouvera cette vulnérabilité avec incidence de la COVID-19, sur la situation de ménages dépendant des envois de fonds, comme dans la ville de Kinshasa en République démocratique du Congo. cf. Africa Yearbook Volume 18: Politics, Economy and Society South of the Sahara in 2021. (2022). Allemagne: Brill.[↩]
- Entérinés par des accords bilatéraux, qui vont être déclinés dans d’autres relations diplomatiques, et vont régir un nombre considérable de flux Sud-Nord. Voir par exemple, Charbit, Y., & Bertrand, C. (1985). Enfants, familles, migrations dans le bassin méditerranéen (Vol. 110). Ined.[↩]
- Schoumaker, B., & Schoonvaere, Q. (2014). L’immigration subsaharienne en Belgique. État des lieux et tendances récentes. Migrations subsahariennes et condition noire en Belgique. A la croisée des regards, Louvain-la-Neuve, Academia-L’Harmattan, coll. Investigations d’Anthropologie Prospective, 8, 65-94.[↩]
- Celle-ci, renforce l’idée de moteurs migratoires reposant en partie sur le différentiel d’offre éducative qualitative et avantageuse, voire décisive en termes de prospective. Voir par exemple, Kagné, B., & Martiniello, M. (2001). L’immigration subsaharienne en Belgique. Courrier hebdomadaire, (1721), 5-49.[↩]
- Rakotonarivo, A., & Phongi, A. (2012, November). Accès à l’emploi et politique d’insertion professionnelle des migrants en Belgique: le cas des migrants originaires de la République Démocratique du Congo. In Communication présentée au XVIIe colloque international de l’Association internationale des démographes de langue française (AIDELF), Démographie et politiques sociales, Ouagadougou (pp. 12-16).[↩]
- Organisation for Economic Co-operation and Development. (2008). A profile of immigrant populations in the 21st century: data from OECD countries. Paris: OECD Publishing.[↩]
- Gosselin, A., Desgrées du Loû, A., Lelièvre, E., Lert, F., Dray-Spira, R., & Lydié, N. (2016). Migrants subsahariens: combien de temps leur faut-il pour s’ installer en France?. Population & Sociétés, (5), 1-4.[↩]
- Voir par exemple, Mage, T. Le Sénat et l’Assemblée nationale (documents et débats dans l’ordre chronologique). Les Étrangers en France en 1997.[↩]
- Beauchemin, C., Hamel, C., & Simon, P. (2016). Trajectoires et origines: enquête sur la diversité des populations en France. Ined éditions.[↩]
- L’on note une relative faible proportion d’individus, parvenant à acquérir un niveau d’instruction supérieur à celui de leurs parents. cf. Beauchemin, C., Ichou, M., Simon, P., & l’équipe de l’enquête TeO2. (2022). Familles immigrées: le niveau d’éducation progresse sur trois générations mais les inégalités sociales persistent. Population & Sociétés, (7), 1-4.[↩]
- Voir par exemple, Quiminal, C. (1991). Gens d’ici, gens d’ailleurs: migrations Soninké et transformations villageoises.[↩]
- L’Institut français de la statistique et des études économiques (INSEE), estimait en 2018 à plus de 80 %, les immigrés nés en Afrique et percevant moins du revenu médian local, avec un taux de pauvreté supérieur à 39 %. cf. INSEE Note RPM2021-F22, Niveau de vie et pauvreté des immigrés. Le taux de pauvreté monétaire (Le seuil de 60 % du revenu médian correspond à un niveau de vie mensuel inférieur à 1 063 €). Concernant les originaires de la région subsaharienne, ce taux apparaissait comme le plus élevé, avec plus de 24 % (Observatoire des inégalités, 2022).[↩]
- Avec le cas du Sénégal, l’on retrouve des déterminants de la migration, qui sont également communs à d’autres territoires africains. Voir par exemple, Dieng, S. A. (2008). Déterminants, caractéristiques et enjeux de la migration sénégalaise. Revue Asylon (s), (3).[↩]
- (Severino, 2001), (Moyo, 2009).[↩]
- Valdivia-Velarde, M. E., & Razin, M. T. (2018). Guide pour l’établissement des statistiques selon le MBP6. International Monetary Fund.[↩]
- La proportion que représentent les missions diplomatiques et activités assimilées, dans la répartition des motifs migratoires, est à observer. Elle permet e.g. dans le cas du Kenya, une estimation du poids de flux financiers générés par celles-ci et captés par la comptabilité nationale. cf. Central Bank of Kenya (2021). The Diaspora Remittances Survey.[↩]
- La répartition des « remittances » en volume et par secteur/origine, laisse apparaître une contribution de 6 % pour les organisations internationales et corps assimilés, soit le double de celle des travailleurs du secteur agricole, et 6 fois celle des employés domestiques. Cette dernière, une main-d’œuvre souvent à dominante féminine, représente pourtant une part importante des travailleurs émigrés, hautement confrontés à de la précarité, et dont l’effectif s’élève à plus de 80 000, seulement pour la péninsule arabique. cf. Parliement of Kenya (2021). Labour committee report on labour migration.[↩]
- Les retours dans les pays d’origine, ne se font pas d’une manière mécanique et simplement prévisible. Ils sont aussi conditionnés par des facteurs pouvant découler circonstances comme des crises. Ils peuvent être inhibés dans certains cas, par un rejet nourrit par des souvenirs indélébiles. cf. Kleist, N., & Thorsen, D. (2017). Hope and uncertainty in contemporary African migration (p. 214). Taylor & Francis.[↩]
- Ce fut notamment un élément important motivant les premières migrations féminines dans des régions du continent africain. Une alternative à un sort peu désirable, avec des possibilités quasi-inexistantes d’accéder avec la latitude souhaitée à du capital ou à la terre. cf. Tacoli, C. (2002). Changing rural-urban interactions in the Sub-Saharan Africa and their impact on livelihoods: a summary (Vol. 4). IIED.[↩]
- Voglino, G., Gualano, M. R., Lo Moro, G., Forghieri, P., Caprioli, M., Elhadidy, H. S. M. A., … & Siliquini, R. (2022). Mental health and discrimination among migrants from Africa: An Italian cross‐sectional study. Journal of Community Psychology, 50(1), 601-619.[↩]
- Voir par exemple, Pannetier, J., Lert, F., Roustide, M. J., & du Loû, A. D. (2017). Mental health of sub-saharan african migrants: The gendered role of migration paths and transnational ties. SSM-population health, 3, 549-557.[↩]
- Iliadou M, Papadakaki M, Sioti E, Giaxi P, Leontitsi E, Petelos E, den Muijsenbergh MV, Tziaferi S, Mastroyiannakis A, Vivilaki VG. Addressing mental health issues among migrant and refugee pregnant women: A call for action. Eur J Midwifery. 2019 May 2;3:9. https://doi.org/10.18332/ejm/108626. PMID: 33537588; PMCID: PMC7839133.[↩]
- Elles sont aussi entretenues par des canaux d’information peu fiables ainsi qu’une propagande active, dans le contexte d’une prédation relativement diffuse et d’un immense désir de donner une orientation plus convenable à des cadres familiaux. cf. Lavaud-Legendre, B. (Ed.). (2013). Prostitution nigériane: entre rêves de migration et réalités de la traite. Karthala Editions, 134-143.[↩]
- Wickramasekara, P. (2015). Mainstreaming migration in development agendas: assessment of South Asian countries.[↩]
- Les moyens nécessaires au projet de voyage, les coûts afférents, étant supportés différemment selon les structures sociales et les revenus initiaux des prétendants au départ.[↩]
- Mbaye, A. A., Bèye, A., Guèye, A., Lokonon, B., & Ndione, Y. (2018). Generating employment and increasing income in agricultural value chains and thereby fostering food security: Case studies of rice and cotton in Benin and Senegal (No. 254). ZEF Discussion Papers on Development Policy.[↩]
- Asafo Agyei, S. (2021). The dynamics of remittances impact: a mixed-method approach to understand Ghana’s situation and the way forward. Social Sciences, 10(11), 410. https://doi.org/10.3390/socsci10110410[↩]
- L’individu dans le parcours d’émigration, est exposé à des situations mises en relief par une interprétation de son vécu et de son parcours, qui paramètrent sa perception de l’utilité du type de solidarité à exercer, et qui peut ne pas se résumer à des transferts financiers (Transmissions de valeurs, d’idées jugées décisives, etc.) envers les siens restés dans le pays d’origine. cf. Levitt, P., & Lamba-Nieves, D. (2011). Social remittances revisited. Journal of ethnic and migration studies, 37(1), 1-22.[↩]
- Des femmes peuvent en grand nombre, être amenées à transmettre des parts plus importantes de leurs revenus, pour atteindre des niveaux de contribution, que leurs bas revenus perçus n’autorisent pas. Cela fut notamment observé dans le cas de migrantes sudafricaines. Voir par exemple, Crush, J., & Dodson, B. (2017). Harnessing migration for inclusive growth and development in Southern Africa. Southern African Migration Programme.[↩]
- Aham-Okoro, S. U. (2017). Igbo women in the diaspora and community development in southeastern Nigeria: Gender, migration, and development in Africa. Lexington Books.[↩]
- Grabska, K., De Regt, M., & Del Franco, N. (2018). Adolescent girls’ migration in the global south: transitions into adulthood. Springer.[↩]
- Le financement d’un traitement médical, ou de besoins alimentaires récurrents ne nécessite pas forcément en volume, des dépenses équivalentes. Ce qui implique du recul dans des lectures, répartissant par leurs proportions les dépenses effectuées, entre grands ensembles comme le Capital Humain, le Capital Physique, et les Aides courantes.[↩]
- Avec des flux qui peuvent sciemment être dirigés vers des personnes qui ne sont pas des conjoints, aussi par suspicion d’une faible capacité d’engagement de ceux-ci, pour le bien être des bénéficiaires finaux. cf. Teye, J. K. (2022). Migration in West Africa: IMISCOE Regional Reader (p. 265). Springer Nature.[↩]
- Voir par exemple, Dzeha, G. C. O., Abor, J., Turkson, F., & Agbloyor, E. (2018). Technical Efficiency and Technical Change in Africa: The Role of Money from the Diasporas. International Journal of Economics and Finance, 10(7), 177-177.[↩]
- Cela s’observe notamment avec des Dahira, associations d’entraides, et de projets portés. cf. Foley, E. E., & Babou, C. A. (2011). Diaspora, Faith, and Science: Building a mouride hospital in Senegal. African Affairs, 110(438), 75-95. https://www.jstor.org/stable/41240170[↩]
- Crush, J. & Caesar, M. (2016). Food Remittances: Migration and Food Security in Africa (rep., pp. 1-51). Waterloo, ON: Southern African Migration Programme. SAMP Migration Policy Series No. 72.[↩]
- Mazzella, S. (2021). Sociologie des migrations. Que sais-je, 69-95.[↩]
- B. Fayissah et C. Nsiah, concluent en tenant compte de paramètres précis, qu’une hausse de 10 % du volume de « remittances », conduirait à une amélioration du produit intérieur brut par habitant, de 0,4 %. cf. Fayissa, B., & Nsiah, C. (2010). The impact of remittances on economic growth and development in Africa. The American Economist, 55(2), 92-103. https://www.jstor.org/stable/41429198[↩]
- Ce lien considéré entre les « remittances » et la croissance du produit intérieur brut, se retrouve aussi évoqué par Arusha V. Cooray, qui lui conditionne un niveau d’instruction élevé et un développement significatif du secteur financier. Voir aussi, Cooray, A. (2012). The impact of migrant remittances on economic growth: evidence from South Asia. Review of International Economics, 20(5), 985-998.[↩]
- Dans la pratique, il ne peut être établit de règle considérant comme notable, l’impact des envois de fonds et des transferts en nature, sur l’investissement productif. Cet impact est entouré d’incertitudes. Voir par exemple, Francois, J. N., Ahmad, N., Keinsley, A., & Nti-Addae, A. (2022). Heterogeneity in the long-run remittance-output relationship: Theory and new evidence. Economic modelling, 110, 105793.[↩]
- McKay, A., & Thorbecke, E. (Eds.). (2015). Economic growth and poverty reduction in sub-Saharan Africa: current and emerging issues. Oxford University Press.[↩]
- Les Produits intérieurs bruts utilisés dans le calcul de la croissance économique, sont dits « réels », et résultent d’un retraitement qui permet de se défaire de l’effet-prix d’une année à l’autre. Les PIB obtenus sont alors dits déflatés.[↩]
- L’impact social et économique des « remittances » étant relativement meilleur, dans des cas de captation de flux par des secteurs eux-mêmes à haut niveau de redistribution. Voir par exemple, Perez-Saiz, H., Dridi, M. J., Gursoy, T., & Bari, M. (2019). The impact of remittances on economic activity: the importance of sectoral linkages. International Monetary Fund, 8-11.[↩]
- Neto, P., Brandão, A., & Cerqueira, A. M. (2010). The macroeconomic determinants of cross-border mergers and acquisitions and greenfield investments. SSRN.[↩]
- Adegboye, F. B., & Okorie, U. E. (2023). Fragility of FDI flows in sub-Saharan Africa region: does the paradox persist?. Future Business Journal, 9(1), 8.[↩]
- Il serait peu approprié de considérer les Investissements directs étrangers, en dehors de la réalité de leur nature, comme des flux s’inscrivant par principe dans une dynamique haussière, ou adossés à d’élémentaires voire de courantes opérations. Voir par exemple, Hitt, M. A., & Pisano, V. (2003). The cross‐border merger and acquisition strategy: A research perspective. Management Research: Journal of the Iberoamerican Academy of Management, 1(2), 133-144. Dans le cas de la région Ouest-africaine, entre 2021 et 2022, la diminution du volume des flux cumulés catégorisés comme « Investissements directs étrangers », est d’ailleurs aussi imputable à des cessions d’actions, comme avec le cas du Nigeria. cf. Conference on Trade and Development (UNCTAD), U. N. (2023). World Investment Report 2023: Investing in Sustainable Energy for All. Suisse: UN.[↩]
- Voir par exemple, Kamdem, P. (2020). Les migrations internationales en Afrique centrale.[↩]